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Bulletin de la SNAP Canada 2021

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Bulletin de la SNAP Canada 2021

Les notes enfin dévoilées : Un bulletin sur les progrès en protection du territoire au Canada

Introduction et contexte

La Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) a évalué la performance du Canada par rapport à la réalisation de son engagement à protéger 17 % de ses terres et 10 % de ses océans à l’horizon 2020, et notamment le niveau de contribution du gouvernement fédéral et des gouvernements provinciaux et territoriaux actuels à cet objectif commun. Des notes ont été attribuées à chaque gouvernement en fonction de leurs contributions, tout en faisant ressortir les réussites et les manquements de chacun d’entre eux. 

Il est important de souligner que les objectifs de 17 % et de 10 % adoptés par la communauté internationale en 2010 n’étaient que des étapes vers la réalisation de ce qui est réellement nécessaire pour conserver la biodiversité. Des données probantes révèlent qu’il faudra probablement protéger entre 30 % et 70 % des écosystèmes terrestres et océaniques de la planète pour inverser le déclin de la biodiversité et assurer la santé de la planète. En ce sens, le Canada a déjà pris l’engagement de protéger 25 % de ses terres et de ses océans d’ici 2025, et 30 % d’ici 2030. 

La SNAP s’engage à aider le Canada à atteindre ces objectifs, notamment en soutenant la création de réseaux d’aires protégées efficaces dans tout le pays. En nous servant de ce premier bulletin comme base de référence, nous comptons publier des bulletins subséquents afin de suivre les progrès réalisés dans la poursuite des objectifs de 2025 et 2030. 

Joignez-vous au mouvement pour protéger au moins 30 % des terres et des océans du Canada d’ici 2030.

Lisez le Bulletin de notes | Lisez le communiqué | Lisez notre Feuille de route pour 2030

Comment se porte le Canada, ses provinces, et ses territoires?

Résumé

La Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) a évalué dans quelle mesure le Canada a réussi à respecter l’objectif auquel il avait souscrit en 2010 : atteindre la cible internationale de protection de 17% de ses milieux terrestres et de 10% de ses océans à l’horizon 2020. Le présent rapport fait état de nos principales conclusions sur la dernière décennie. Il met en exergue le travail accompli, les succès comme les échecs, et les améliorations à engager. Ainsi, des notes sont attribuées aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux actuels, en fonction de leurs contributions à l’atteinte de l’objectif. Ce bulletin de notes a pour ambition de permettre aux parties prenantes de mieux cibler les mesures de conservation à déployer. En considérant ce rapport comme étant une base de référence, la SNAP publiera des résultats subséquents afin de suivre les progrès réalisés par chaque administration, ceci en vue d’atteindre l’objectif intérimaire de protection de 25 % de son territoire d’ici 2025 et de 30 % d’ici 2030.

[expand title=”En savoir plus …”]

La perte et la fragmentation des habitats dues aux activités humaines constituent les principales causes de l’effondrement de la biodiversité et par conséquent de l’urgence climatique. La science a démontré l’efficacité des aires protégées bien conçues et bien gérées comme étant un moyen de conservation de la nature. De plus, les aires protégées jouent un rôle primordial pour le bien-être des citoyens et le dynamisme de l’économie, ce qui en fait un investissement déterminant dans la construction d’un avenir sain et radieux pour toute la population canadienne. Malgré leur importance, les objectifs de 17 % et de 10 % adoptés par la communauté internationale en 2010 ne sont que des étapes vers la réalisation de ce qui est réellement nécessaire pour conserver la biodiversité : protéger au moins la moitié des écosystèmes terrestres et océaniques de la planète.

En 2020, le Canada a dépassé l’objectif de protection de 10 % de ses océans , en atteignant 13,8 %, malgré des inquiétudes qui subsistent quant à la qualité des mesures de conservation dans certaines zones.

En revanche, avec un pourcentage s’élevant seulement à 13,1 % de protection de ses milieux terrestres et de ses eaux intérieures, le Canada est loin de l’atteinte de l’objectif fixé à 17 %.

Le rapport évalue ainsi les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux en fonction de leurs contributions à la composante terrestre de l’objectif de protection. Pour la composante océanique, la SNAP s’est concentrée uniquement sur l’évaluation du gouvernement fédéral, compte tenu de sa juridiction sur la plupart des activités en milieu marin et de la désignation des aires marines comme étant le principal outil de conservation des écosystèmes océaniques.

Les résultats de la SNAP sont présentés en quatre catégories : premiers de la classe (A- à B+), élèves moyens (B à C-), retardataires (D à E), et en progrès (B-).

Le gouvernement du Québec, le gouvernement fédéral et le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest forment le groupe des premiers de la classe. Le Québec s’était engagé publiquement à atteindre l’objectif de 17 % et a atteint 16,7 % grâce à la création de nouvelles aires protégées.* En outre, il a modifié sa législation sur les aires protégées afin de reconnaître spécifiquement les aires protégées autochtones et de se conformer aux normes internationales en matière de protection. Toutefois, le Québec s’est vu attribuer la note de A- parce qu’il a été incapable de se positionner contre les intérêts industriels afin d’établir les aires protégées proposées dans le sud de son territoire.

Le gouvernement fédéral a également obtenu la note de A- dans le volet conservation terrestre, notamment pour son engagement à réaliser l’objectif de 17 %, pour sa capacité à mobiliser les provinces et territoires dans le cadre du processus « En route vers l’objectif 1 du Canada », pour ses deux investissements historiques en conservation, pour son soutien aux projets de conservation menés par les Autochtones, et pour sa volonté de poursuivre des objectifs de protection ambitieux au cours de la prochaine décennie. La note aurait pu être meilleure, sans les faiblesses dans la répartition du financement fédéral de 2018, le manque d’investissement à long terme et les problèmes de gestion des aires protégées.

Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest a obtenu la note de B+ pour avoir adopté une nouvelle loi sur les aires protégées – loi qui reconnaît et soutient les aires protégées autochtones, se conforme aux normes internationales, et permet la collaboration avec les gouvernements fédéral et autochtones dans l’établissement d’aires protégées. Bien qu’il n’ait pas tout à fait atteint l’objectif de 17 %, le gouvernement des Territoires du Nord- Ouest a fait des progrès considérables et ouvre la voie vers d’autres avancées.

Pour ses efforts visant à protéger les écosystèmes côtiers et océaniques du Canada, le gouvernement fédéral a également obtenu la note de B+. Au cours des cinq dernières années, il a enregistré des progrès substantiels dans la création de nouvelles aires marines protégées (AMP), qui lui ont permis d’atteindre l’objectif de 10 %.Il a également annoncé des normes minimales de protection pour les AMP, prévu un investissement historique dans son budget et s’est engagé à atteindre des objectifs de protection ambitieux pour la prochaine décennie. Des faiblesses flagrantes dans les normes de protection, l’absence de progrès dans la mise en oeuvre des normes minimales et de la conservation menée par les autochtones l’empêchent toutefois d’obtenir une meilleure note.

Les gouvernements de la Nouvelle-Écosse, de la Colombie-Britannique et du Manitoba affichent des résultats prometteurs à différents niveaux. Toutefois, il leur reste encore bien du chemin à parcourir.

Sur la dernière décennie, la Nouvelle-Écosse a fait des progrès, avec notamment la création de plus de 200 nouvelles aires protégées, dont 91 sur la dernière année. Cependant, elle a commis des erreurs en supprimant la réserve du parc provincial de Owls Head et en tardant à mettre en oeuvre son plan de parcs et d’aires protégées.

Jadis une figure de proue de la conservation de la nature, la Colombie-Britannique s’est quant à elle, montrée timide à cet égard au cours de la dernière décennie. La province a déclaré 4% de ses milieux terrestres comme étant d’autres mesures de conservation efficaces par zone (AMCEZ), en incluant les zones de gestion des forêts anciennes existantes, atteignant ainsi l’objectif de 17%. Cependant, bon nombre de ces AMCEZ ne répondent pas aux normes canadiennes et internationales. Sur une note positive, elle a adopté la Loi sur la Déclaration sur les droits des peuples autochtones, qui s’inscrit dans le droit provincial. En 2021, elle a investi 83 millions de dollars dans la gestion des parcs.

Bien que le Manitoba ait créé une fiducie de conservation de 102 millions de dollars en 2018, des signes inquiétants, apparus dernièrement, laissent présager que la province pourrait se départir de certains de ses actifs liés aux parcs, ou bien déclasser les parcs ou les transformer en d’autres modèles. Par exemple, au parc provincial de Saint-Ambroise, les prix du camping ont triplé après l’achat du bail sur 21 ans, par une entreprise privée.

Les gouvernements de la Saskatchewan, de l’Alberta, de l’Ontario et de Terre-Neuveet- Labrador ont récolté les notes les plus basses, allant de D- à E. La SNAP a constaté une augmentation des aires protégées, mais le mérite en revient en grande partie aux gouvernements précédents et, dans le cas de Terre-Neuve-et-Labrador, à la création d’aires protégées fédérales. Ces quatre administrations ont démontré peu, voire aucun engagement à protéger une plus grande partie de leur territoire. En Ontario et en Alberta, ce manque d’intérêt est couplé à des démarches très néfastes pour la conservation. C’est le cas notamment de l’annulation de politiques et de lois relatives à la protection de la nature, et de la proposition de déclassement des zones protégées.

Les gouvernements du Nouveau-Brunswick et du Yukon accusent un sérieux retard par rapport aux premiers de la classe, mais ils ont fourni des efforts louables et semblent être sur la bonne voie – ils ont reçu ainsi la note de B-. Autrefois cancre de la conservation, le Nouveau-Brunswick s’est engagé en 2019 à doubler l’étendue de son réseau d’aires protégées et travaille désormais de concert avec les communautés autochtones et le public pour recenser les sites à protéger. Bien que le pourcentage de milieux terrestres protégées au Yukon n’ait pas augmenté depuis 2010, la planification de la conservation est de nouveau sur les rails. C’est d’ailleurs une décision sans appel qui a été rendue en faveur de la protection permanente de 55 % du bassin hydrographique de la rivière Peel, ce qui se traduira prochainement par une forte progression de la superficie totale protégée.

Principaux messages à retenir

  • Quand il y a une volonté (politique), il y a de l’espoir. Les progrès du Québec témoignent des résultats que l’on peut obtenir grâce à une forte volonté politique combinée au leadership autochtone et au soutien du public.
  • Le leadership autochtone est source de réussite. La tendance observée dans toutes les administrations réside dans le rôle essentiel que jouent les peuples autochtones pour l’avancement de la conservation au Canada.
  • Le financement fédéral peut changer la donne. Le financement accordé par le gouvernement fédéral aux partenaires dédiés à la conservation, comme les gouvernements autochtones, provinciaux et territoriaux ainsi que les ONG, a engendré des investissements supplémentaires de la part de la communauté philanthropique et a permis de faire avancer considérablement le sujet en quelques années seulement.
  • Des efforts proactifs et coordonnés insufflent un élan favorable. La création d’aires protégées terrestres a sensiblement progressé après 2017, à la suite du lancement de l’initiative « En route vers l’objectif 1 du Canada » et des processus connexes.
  • La conservation nécessite du temps. L’un des obstacles à la réalisation de l’objectif de 17 % de protection des milieux terrestres a été le manque de temps entre 2018 – année où le gouvernement fédéral a enfin affecté des fonds importants à la réalisation de cet objectif – et l’échéance de 2020. Pour atteindre l’objectif de protection de 30 % d’ici 2030, il faut agir dès maintenant.
  • Pas d’économies de bouts de chandelle avec les autres mesures de conservation efficaces par zone (AMCEZ). Bien que les AMCEZ qui répondent aux normes, puissent être utiles dans certaines circonstances, les aires protégées doivent demeurer le principal outil de conservation pour réaliser les objectifs de la prochaine décennie.

* En décembre 2020, le gouvernement du Québec a annoncé avoir atteint la cible de 17%. Cependant, la SNAP a identifié que seul 16,7% du territoire est effectivement protégé. La SNAP encourage le gouvernement du Québec à combler ce léger écart rapidement.

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Gouvernement fédéral – milieux terrestres et eaux intérieures

Note : A-

Le gouvernement fédéral a fait preuve de beaucoup de leadership et de détermination aux échelons national et international, notamment par son soutien et sa promotion de la conservation menée par les Autochtones, par les deux investissements historiques dans ses budgets et par son intention d’atteindre des objectifs plus ambitieux au cours de la prochaine décennie. Cependant, le financement à long terme pour la gestion des aires protégées demeure une lacune, et la gestion des parcs nationaux et des réserves nationales de faune suscite des inquiétudes dans certaines régions.

Gouvernement fédéral – marine

Note : B+ 

Après un lent démarrage, le Canada a fait des progrès considérables en matière de protection marine au cours des six dernières années – passant de moins de 1 % de protection en 2015 à 13,8 % en 2019, ce qui lui a permis de dépasser l’objectif international de protection de 10 % pour 2020. Pour y parvenir, Pêches et Océans Canada a élaboré de nouveaux outils et de nouvelles approches afin d’accélérer la création d’aires marines protégées et de mettre en œuvre des normes de protection minimales dans toutes les AMP fédérales.

Yukon

Note : B-

Le gouvernement du Yukon a obtenu des résultats mitigés en matière d’aires protégées au cours de la dernière décennie. Malgré la création de trois petites aires de protection de l’habitat, le Yukon a considérablement ralenti le processus de planification régionale du territoire, l’un des principaux instruments de création d’aires protégées. La planification a repris à la suite d’une contestation judiciaire réussie, où les Premières Nations et les groupes environnementaux ont traîné le gouvernement devant la Cour suprême du Canada pour annuler sa tentative de saper le processus d’aménagement du bassin hydrographique de la rivière Peel. Le leadership soutenu des Premières Nations a finalement abouti à l’approbation du plan régional d’aménagement du territoire du bassin hydrographique de la rivière Peel en 2019, qui protégera 37 000 km2 des zones sauvages du nord du bassin (7,7 % du territoire). Une protection provisoire couvrira 28 % supplémentaires du bassin, qui fera l’objet d’un examen au bout de dix ans.

Les Territoires du Nord-Ouest

Note : B+

Depuis 2018, quatre aires protégées autochtones ont été créées dans les Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O), ce qui représente 4,5 % du territoire. Des programmes de gardiens autochtones ont été créés pour en soutenir la gestion. Ces avancées sont en grande partie attribuables au leadership autochtone de longue date et aux investissements du Fonds de la nature du Canada, ainsi que d’une nouvelle loi territoriale sur les zones protégées, élaborée en collaboration par les gouvernements autochtones et le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, dont les objectifs sont de protéger l’intégrité écologique, la continuité culturelle, et la gouvernance collaborative. 

La Colombie-Britannique

Note : C

La Colombie-Britannique a entamé la décennie en affichant le plus haut pourcentage de terres protégées parmi toutes les administrations canadiennes; toutefois elle a ajouté seulement 1 % à son réseau d’aires protégées depuis 2010. La province rapporte avoir ajouté 4 % à sa superficie terrestre protégée sous forme d’AMCEZ qui font actuellement l’objet d’un examen. La Colombie-Britannique comptabilise des désignations telles que les zones de gestion de forêts anciennes, qui ne satisfont ni aux normes internationales, ni aux normes canadiennes pour les AMCEZ. Ce faisant, elle laisse passer des occasions prometteuses de créer des aires protégées qui favorisent les engagements en matière de réconciliation et de protection des espèces en péril.

Alberta

Note : F

Alors que des gouvernements précédents de l’Alberta avaient créé de nouvelles aires protégées, s’étaient engagés à protéger 17 % des terres et des eaux intérieures de la province d’ici2020 et avaient coprésidé le processus national « En route vers l’objectif 1 du Canada », le gouvernement provincial actuel a complètement renversé les progrès réalisés : il a abandonné l’objectif de 2020, mis à mal le réseau existant de parcs provinciaux et ouvert les contreforts des Rocheuses à l’exploitation du charbon.

Saskatchewan

Note : D

Au cours de la dernière décennie, le gouvernement de la Saskatchewan a été timide quant à la protection de la nature. Ses progrès en la matière ont été limités. La province n’a protégé que 2 % supplémentaire de ses milieux terrestres, ce qui est bien inférieur à l’objectif de protection de 12 % défini il y a 30 ans. La Saskatchewan n’a pas non plus réussi à mettre en place des mesures de conservation adéquates ou à se doter d’une capacité de gestion pour préserver les prairies indigènes d’importance écologique qui lui ont été transférées par le gouvernement fédéral. Dans un registre plus positif, les Nations Autochtones se servent du soutien financier du Fonds de la nature du Canada pour avancer des propositions visant l’établissement de grandes APCA, tout en demandant au gouvernement provincial d’en soutenir la mise en œuvre.

Manitoba

Note : C-

Si le Manitoba a réalisé des progrès pour ses aires protégées avant 2015, l’histoire a été différente au cours des cinq années suivantes, où la province n’a protégé que 177 km2. Des signes inquiétants indiquent que la province cherche à établir « quels actifs devraient être cédés » et à trouver « des possibilités de déclasser des parcs ou de les faire passer à d’autres modèles » (c.-à-d. permettre que d’autres groupes exploitent ou acquièrent les parcs). Pendant ce temps, les initiatives de conservation et les propositions d’aires protégées pilotées par les Autochtones au Manitoba continuent d’aller de l’avant, offrant une occasion importante de protéger les terres et les eaux douces de la province d’une manière compatible avec la réconciliation.

Ontario

Note : F

Les dix dernières années peuvent être résumées comme une décennie d’occasions manquées pour la conservation en Ontario. Tandis qu’un objectif de protection des milieux terrestres de 17 % avait été inscrit dans la stratégie sur la biodiversité ontarienne en 2012, ce dernier  a été abandonné en 2018. La province a protégé moins de 1 % de ses terres au cours de la décennie et ces progrès ont surtout eu lieu en 2011 grâce aux plans d’aménagement du territoire établis par les Premières Nations du Nord de la province. Depuis, seuls huit petits sites ont été établis et aucune nouvelle aire protégée n’a été déclarée depuis 2017. En parallèle, le gouvernement de l’Ontario a également abrogé ou affaibli des dispositions clés de son cadre législatif et politique en matière d’environnement, notamment la Loi sur les espèces en voie de disparition et le processus d’évaluation environnementale.

Québec

Note : A-

Le Québec a essentiellement honoré son engagement de protéger 17 % de ses terres et de ses eaux intérieures à l’horizon 2020, grâce à une importante expansion de son réseau d’aires protégées. Malgré cette remarquable performance, il reste encore de nombreux et importants sites dans le sud du Québec en attente de désignation.  

Nouveau-Brunswick

Note : B-

Un récent engagement à doubler la superficie des aires protégées, le lancement d’un vaste processus de consultation pour mobiliser le public et l’établissement de relations avec les organisations autochtones en vue de la création d’aires protégées et de conservation autochtones (APCA) permettent au Nouveau-Brunswick de se démarquer. Malgré le long chemin à parcourir avant de protéger adéquatement son patrimoine naturel, la province est en voie de faire un grand pas en avant.

Nouvelle-Écosse

Note : B

La dernière décennie a été marquée par une nette progression dans la création d’aires protégées en Nouvelle-Écosse, où environ 200 sites ont reçu une protection juridique, et 24 autres suivent actuellement le processus de désignation. Au cours de la dernière année, la province a annoncé la protection de 91 sites. La superficie totale des terres protégées en Nouvelle-Écosse a ainsi augmenté d’environ 50 %. Approuvé en 2013, le Plan sur les parcs et les aires protégées de la Nouvelle-Écosse (Our Parks and Protected Areas Plan) recense environ un quart de million d’hectares de terres à conserver. La plupart des aires protégées créées depuis sont le fruit de la mise en œuvre de ce plan.

Terre-Neuve-et-Labrador

Note : F

Au cours de la dernière décennie, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador n’a pratiquement pas réalisé de progrès dans la création d’aires protégées et se trouve toujours en retard par rapport à la plupart des provinces et territoires en ce qui concerne le pourcentage de terres et d’eaux intérieures protégées. Un seul petit site abritant des oiseaux de mer (la réserve écologique de Lawn Bay) a vu son statut renforcé au cours de la dernière décennie. La province doit de toute urgence intensifier ses efforts pour protéger les zones importantes sur le plan écologique et culturel, renforcer son intérêt et son soutien en faveur de la conservation menée par les Autochtones, et moderniser son approche de la sélection des sites, notamment en mobilisant le public dès le début du processus.

L’Île-du-Prince-Édouard et Nunavut

Compte tenu de notre manque de présence sur le terrain, nous n’attribuons pas de notes à ces régions.

L’Île-du-Prince-Édouard continue de progresser dans la protection des terres. En 2019, la province s’est réengagée à atteindre son objectif, vieux de plusieurs décennies, de protéger 7 % de l’île d’ici 2020. Sur une période de 18 mois, la province a augmenté de 25 % sa superficie de terres protégées, mais a manqué d’atteindre l’objectif dans le délai prévu. La protection des terres privées et les organisations non gouvernementales de fiducie foncière continuent de jouer un rôle central dans l’établissement d’aires protégées sur l’île et les initiatives menées par les Autochtones aident à faire avancer les choses.

Les aires protégées couvrent un peu plus de 10 % du territoire du Nunavut, dont le Plan provisoire d’aménagement recense bien d’autres possibilités de protection. Cinq nouvelles aires protégées ont été établies dans le territoire au cours de la dernière décennie, toutes en vertu de lois fédérales. Cinq autres projets de conservation ont été financés au moyen du Fonds de la nature du Canada, ce qui devrait mener à la création de nouvelles APCA et d’autres sites protégés et de conservation au cours des prochaines années.

Médias

Pour de plus amples informations merci de contacter :

Tracy Walden
Directrice nationale, Communications et développement, SNAP Canada
twalden@cpaws.org
613-915-4857