SNAP Canada

Feuille de route de la SNAP Canada 2022

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Feuille de route pour 2030

Atteindre les objectifs de protection terrestre et marine du Canada

La Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP Canada) publie pour la première fois un rapport définissant une voie à suivre pour aider le Canada à respecter son engagement de protéger 30 % de ses terres et de ses océans d’ici la fin de la décennie.

Ce rapport identifie des douzaines d’opportunités de protection terrestre et marine à travers le Canada, dont les projets de planification d’utilisation des terres et/ou de conservation en cours ou déjà engagés, y compris de nombreuses initiatives de conservation menées par les Autochtones. Si tous les sites potentiels sont retenus et désignés d’ici 2030, le Canada parviendra à plus que doubler la superficie des terres actuellement protégées, qui passerait de 13,5 % à 29,3 %, soit à peine en deçà de l’objectif de 30 %; alors que la superficie des milieux marins protégés passerait de 13,9 % à 30,4 %, dépassant l’objectif fixé.

Dans la lignée des conclusions du Bulletin de notes 2021 de la SNAP Canada, la Feuille de route révèle que le plus grand défi est le manque de volonté politique des provinces et des territoires vis-à-vis les secteurs offrant les meilleures perspectives en matière de conservation terrestre. Le manque de financement permanent pour soutenir la protection de ces secteurs à long terme demeure un problème aussi bien pour la conservation des terres que celle des océans.

La SNAP Canada s’engage à soutenir tous les gouvernements du Canada dans leur effort collectif pour protéger 30 % des terres et des océans du pays d’ici 2030, et au-delà.

Joignez-vous au mouvement pour protéger au moins 30 % des terres et des océans du Canada d’ici 2030.

Lisez la Feuille de route | Lisez le communiqué

Opportunités de protection marine à travers le Canada

Résumé

Le présent rapport examine les moyens à disposition des gouvernement fédéral, provinciaux et territoriaux pour permettre au Canada d’atteindre son objectif de protéger 30 % de ses terres et de ses océans à l’horizon 2030. Il synthétise les opportunités, les défis et les mesures nécessaires dans chaque province et territoire afin de concrétiser de cet engagement pancanadien. Notre analyse révèle que le Canada peut protéger plus de 29 % de ses terres et plus de 30 % de ses océans d’ici 2030 en soutenant et en mettant en œuvre les projets et les opportunités existants, en particulier les initiatives de conservation menées par les Autochtones.  

[expand title=”En savoir plus …”]

Le présent rapport démontre que l’atteinte des objectifs du Canada en matière de protection des terres et des océans est réaliste et faisable dans la mesure où tous les organismes et partenaires de gouvernance concernés, notamment les gouvernements provinciaux et territoriaux, font preuve d’une volonté politique nécessaire pour y parvenir. Le rapport souligne aussi l’importance non seulement de la superficie des milieux terrestres et marins à conserver, mais aussi des types de zones à protéger et des mesures à prendre pour en assurer une protection efficace à long terme.

Des données concrètes montrent que les aires protégées sont une solution à l’urgence environnementale et climatique

La perte et la fragmentation des habitats dues aux activités humaines sont les principales causes du déclin rapide de la biodiversité et de l’urgence environnementale qui en découle, et les changements climatiques pèsent de plus en plus lourd dans l’équation. Il est scientifiquement prouvé que les aires protégées bien conçues et bien gérées sont un moyen efficace de conserver la nature. De plus, les aires protégées jouent un rôle important dans l’atténuation des changements climatiques et la capacité d’adaptation à ces changements, ainsi que dans le maintien de notre bien-être et de l’économie. Cela en fait un investissement essentiel pour assurer un avenir sain et résilient à toute la population canadienne.

Une ambition croissante au Canada et dans le monde

Au cours des cinq dernières années, nous avons assisté au Canada et dans le monde entier à un véritable souffle en faveur de la conservation de la nature, caractérisé par une augmentation des investissements, une plus grande ambition et l’adoption d’objectifs de conservation de plus grande envergure à l’échelle nationale et internationale. Cette dynamique est certes prometteuse, mais beaucoup reste à faire pour traduire cette ambition en mesures de conservation qui permettront de stopper et d’inverser le déclin vertigineux de la nature. L’année 2022 sera cruciale en ce sens, car elle verra les pays finaliser un nouveau cadre mondial pour la biodiversité sous les auspices de la Convention sur la diversité biologique (CDB) des Nations Unies. Plus de 100 pays soutiennent un objectif mondial de protection d’au moins 30 % des terres et des océans d’ici 2030. Le Canada s’est déjà engagé à atteindre cet objectif à l’échelle nationale, et s’est fixé comme objectif provisoire de protéger 25 % des terres et des océans d’ici 2025.

La situation actuelle du Canada

À l’heure actuelle, le Canada protège 13,5 % de ses terres et 13,9 % de ses océans.1 La proportion de terres protégées varie grandement d’une juridiction à l’autre, allant de 4,5 % pour l’Île-du-Prince-Édouard à 19,1 % pour le Yukon. Les gouvernements provinciaux et territoriaux devront redoubler d’efforts pour atteindre l’objectif de protéger 30 % des terres, étant donné qu’ils ont la compétence principale sur les terres et les ressources naturelles au Canada. Les gouvernements autochtones à travers le pays ont régulièrement pris les devants en proposant des plans et des initiatives novatrices fondées sur la science occidentale et le savoir autochtone afin de conserver leurs territoires traditionnels sur les milieux terrestres et marins. Soutenir la conservation menée par les Autochtones est donc essentiel pour réaliser ces objectifs.

Après un lent départ au chapitre de la protection marine, le Canada a fait des progrès considérables dans ce domaine – passant de moins de 1 % de ses milieux marins protégés en 2015 à 13,8 % en 2019.2 Ce faisant, le gouvernement fédéral a prouvé qu’il est possible d’atteindre des objectifs de conservation ambitieux lorsque la politique, les investissements et la détermination à prendre des mesures rapides et décisives sont au rendez-vous. Cet effort a également nécessité le renforcement des instruments juridiques pour soutenir des mesures de conservation efficaces et performantes et, dans certains cas, la création de nouveaux instruments, comme les protections provisoires. Toutefois, des questions subsistent quant au degré de protection de certains de ces sites marins. Dans une évaluation réalisée en 2021, la SNAP Canada a constaté que la majorité des aires marines protégées désignées par le gouvernement fédéral du Canada sont faiblement protégées.3

La voie à suivre pour atteindre les objectifs de protection du Canada

Le présent rapport fait état de nombreuses opportunités dans chaque province et territoire. Si le Canada les met en œuvre, il se placera sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs de conservation terrestre. Le gouvernement fédéral a une compétence limitée dans l’établissement d’aires protégées terrestres, et il ne peut intervenir en la matière qu’en collaboration avec les gouvernements provinciaux et territoriaux et les peuples autochtones. Nous avons tout de même intégré dans ce document une rubrique sur les aires terrestres fédérales dans laquelle sont énumérées les opportunités de compétence fédérale assorties de recommandations connexes.

Le rapport fait aussi état des opportunités pour la conservation des océans. Le Canada a déjà démontré sa capacité à agir rapidement dans ce domaine et, bien que l’objectif de 30 % représente un autre défi de taille, le fait que le budget fédéral de 2021 prévoit 977 millions de dollars à cette fin lui procure des ressources et des capacités nettement supérieures à celles dont il a déjà disposé. Des opportunités de conservation existent sur les côtes arctiques, atlantiques et pacifiques du Canada. En ce moment, de très vastes aires protégées proposées et provisoires dans l’Arctique contribuent pour plus de 8 % aux objectifs du Canada en matière d’aires protégées.4 Pour l’avenir, il convient d’accorder une attention particulière aux zones qui subissent la plus forte perte de biodiversité, notamment les zones côtières et littorales importantes sur le plan écologique et riches en carbone. 

Sept provinces et territoires (Yukon, Territoires du Nord-Ouest, Nunavut, Québec, Ontario, Manitoba et Colombie-Britannique) présentent des opportunités de protection qui permettraient de les rapprocher de l’objectif de protection de 30 % de leurs milieux terrestres, et dans certains cas de le dépasser. Ces opportunités comprennent les processus en cours ou déjà prévus de planification de l’utilisation des terres et/ou de la conservation, ainsi que les initiatives de conservation menées par les Autochtones. Bien que la Saskatchewan et l’Alberta présentent un potentiel important en termes de mesures de conservation par zone, ce potentiel est actuellement entravé par le manque de volonté politique.

Malgré sa petite taille et sa faible superficie de terres publiques, la Nouvelle-Écosse joue un rôle de premier plan dans la conservation terrestre au Canada atlantique. En 2021, la province s’est dotée d’un nouvel objectif de conservation consistant à protéger au moins 20 % de son territoire d’ici 2030. Le Nouveau-Brunswick a entrepris un processus de planification à l’échelle de la province pour atteindre son objectif relativement plus modeste de protéger 10 % de ses terres, mais cet effort est au point mort. Terre-Neuve-et-Labrador négocie actuellement un accord sur la nature avec le gouvernement fédéral, qui devrait stimuler les projets de conservation dans toute la province.

Quantité et qualité vont de pair dans les objectifs de conservation

D’après les recherches, il faut protéger au moins 30 %, et jusqu’à 70 %, des écosystèmes terrestres et marins pour préserver la santé de la planète et procurer des services écosystémiques essentiels aux populations.5, 6, 7 Il est également démontré qu’il ne suffit pas de miser sur la superficie à protéger pour obtenir des résultats en matière de conservation et d’autres avantages pour la société. D’autres critères sont tout aussi importants : la qualité des aires protégées, l’efficacité de leur connectivité au sein de réseaux de conservation et la gestion durable des milieux terrestres et marins situés en dehors des aires protégées et d’autres mesures de conservation efficaces par zone (AMCEZ).

La conservation nécessite du temps : les gouvernements doivent donc agir maintenant

Pour atteindre l’objectif de 30 % de protection d’ici 2030, il faudra passer à la vitesse supérieure dès maintenant afin de se donner suffisamment de temps pour effectuer une planification qui englobe la compilation des connaissances et le renforcement des relations, notamment la mobilisation massive des communautés, ainsi que pour mener d’autres démarches de nature à produire des résultats fructueux en matière de conservation et bénéficiant d’un large soutien.

La SNAP Canada est prête à soutenir tous les gouvernements sur la voie de la protection de la nature

Depuis près de 60 ans, la SNAP Canada soutient des centaines d’initiatives de conservation et contribue à la création d’aires protégées dans tout le Canada. Forte de son attachement profond à la cause de la conservation, la SNAP est déterminée à soutenir tous les gouvernements du Canada dans leur effort collectif pour protéger 30 % des terres et des océans du pays d’ici 2030, et au-delà. Pour orienter le travail de conservation à travers le pays, nous proposons dans ce rapport une série de opportunités recensées dans chaque province et territoire qui peuvent servir de feuille de route aux mesures urgentes à prendre sur la voie des objectifs du Canada.

Environnement et Changement climatique Canada (ECCC). (2022). Base de données canadienne sur les aires protégées et de conservation (BDCAPC). https://www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/services/reserves-nationales-faune/base-donnees-aires-protegees-conservation.html 

Société pour la nature et les parcs du Canada. (2021). Évaluation des aires marines protégées au Canada. https://cpaws.org/wp-content/uploads/2018/02/SNAP-Canada-Portrait-AMP-2021-FR-pour-publication.pdf

Société pour la nature et les parcs du Canada. (2021). Évaluation des aires marines protégées au Canada. https://cpaws.org/wp-content/uploads/2018/02/SNAP-Canada-Portrait-AMP-2021-FR-pour-publication.pdf

Société pour la nature et les parcs du Canada. (2021). Évaluation des aires marines protégées au Canada. https://cpaws.org/wp-content/uploads/2018/02/SNAP-Canada-Portrait-AMP-2021-FR-pour-publication.pdf

Woodley, S., Locke, H., Laffoley, D., MacKinnon, K., Sandwidth, T., & Smart, J. (2019). A Review of Evidence for Area‐Based Conservation Targets for the Post‐2020 Global Biodiversity Framework. PARKS 25 (2): 31- 46. https://parksjournal.com/wp-content/uploads/2019/12/PARKS-25.2-10.2303-IUCN. CH_.2019.PARKS-25-2-low-resolution.pdf

Dinerstein, E., Olson, D. Joshi, A., Vynne, C., Burgess, N., Wikramanayake, E., Hahn, N., Palminteri, S., Hedao, P., Noss, R., Hansen, M., Locke, H., Ellis, E., Jones, B., Barber, C., Hayes, R., Kormos, C., Martin, V., Crist, E., Sechrest, W., Price, L., Baillie, J., Weeden, D., Suckling, K., Davis, C., Sizer, N., Moore, R., Thau, D., Birch, T., Potapov, P., Turubanova, S., Tyukavina, A., de Souza, N., Pintea, L., Brito, J., Llewellyn, O., Miller, A., Patzelt, A., Ghazanfar, L., Timberlake, S., Klöser, H., Shennan-Farpon, Y., Kindt, R., Lillesø, J., van Breugel, P., Graudal, L., Voge, M., Al-Shammari, L., & Saleem, M. (2017). An ecoregion-based approach to protecting half the terrestrial realm. Bioscience 67(6): 534–545. https://doi.org/10.1093/biosci/bix014

Baillie, J., and Ping Zhang, Y. (2018). Space for nature. Science 361: 6407. https://doi.org/10.1126/science.aau1397

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Gouvernement fédéral – milieux terrestres et eaux intérieures

Le gouvernement fédéral fixe des objectifs de protection ambitieux, en fait la promotion et œuvre à leur réalisation

Le gouvernement fédéral continue de faire preuve de leadership en matière de conservation en s’engageant à stopper et à inverser la perte de biodiversité d’ici 2030, en fixant des objectifs ambitieux de protection des terres et des océans pour le pays et en faisant valoir ces objectifs à l’échelle internationale, en soutenant la conservation menée par les Autochtones et en investissant des fonds nettement plus importants pour soutenir la mise en œuvre de ces engagements. Le gouvernement fédéral a annoncé un montant supplémentaire de 2,3 milliards de dollars dans le budget 2021 pour la conservation terrestre, qui est venu s’ajouter à un investissement historique de 1,3 milliard de dollars dans le budget 2018. Il est toutefois urgent d’élaborer dès maintenant un plan pour atteindre l’objectif de 30 %.

Gouvernement fédéral – milieux marins

Le gouvernement fédéral réalise d’importants progrès en matière de protection des océans grâce à des investissements et à une collaboration avec les partenaires autochtones

En 2019, après quatre années d’intensification des efforts pour atteindre son objectif de conservation de 10 % du territoire marin et côtier à l’horizon 2020, le Canada a annoncé avoir protégé plus de 13 % de ses océans. Fort de ce succès, le Canada s’est fixé un nouvel objectif ambitieux consistant à stopper et à inverser la perte de biodiversité et à protéger 30 % des océans d’ici 2030, avec un objectif intermédiaire de 25 % d’ici 2025. Pour concrétiser ces engagements, le Canada a prévu un investissement historique de 977 millions de dollars pour la protection des océans dans le budget fédéral de 2021. En poursuivant sur sa lancée en tant que chef de file mondial de la protection des océans, le Canada a également adhéré à la prestigieuse Alliance mondiale pour les océans, et sera l’hôte du cinquième Congrès international sur les aires marines protégées (IMPAC5) en 2023.

Il faut noter que depuis 2019, le Canada a conclu des accords avec des partenaires autochtones afin de mener des études de faisabilité concernant trois nouvelles aires marines nationales de conservation potentielles. De plus, une proposition de nouvelle aire marine protégée et de nouvelles autres mesures efficaces de conservation par zone sont toutes deux sur le point d’être établies dans les Maritimes. Le Canada poursuit son travail sur plusieurs autres aires protégées dans l’ensemble de son patrimoine océanique.

Yukon

Le Yukon montre la voie de la conservation au Canada

En février 2022, le Yukon est devenu le chef de file de la conservation au Canada. Après l’ajout de 37 000 km2 du bassin hydrographique de la rivière Peel au réseau des aires protégées du Canada, le territoire figure maintenant au premier rang parmi les provinces et territoires du pays pour ce qui est de la protection des terres et des eaux.*

Les accords définitifs (traités modernes) signés par de nombreuses Premières Nations du Yukon prévoient des processus d’aménagement du territoire qui, combinés à d’autres processus en place, offrent une orientation claire pour assurer une protection à grande échelle sur l’ensemble du territoire. Bien que le gouvernement du Yukon n’ait pas officiellement adopté de cibles de conservation, le territoire est néanmoins en passe de parvenir à une protection de 30 % d’ici 2030.

*Dans la base de données des aires protégées du Canada, ces secteurs sont considérés comme bénéficiant d’une « protection provisoire », ce qui veut dire que la décision a été prise et que des mesures ont été mises en place pour les protéger, mais que le travail visant à leur accorder une désignation officielle permanente est toujours en cours.

Territoires du Nord-Ouest

Les Territoires du Nord-Ouest sont bien positionnés pour soutenir activement la conservation menée par les Autochtones

Doté d’un cadre juridique robuste qui soutient les partenariats autochtones en matière d’aires protégées et de conservation, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO) est bien positionné pour favoriser la conservation menée par les Autochtones. Les plans régionaux d’aménagement du territoire dans les régions du Dehcho et de l’Akaitcho peuvent également contribuer sensiblement aux objectifs de conservation régionaux et nationaux.

Nunavut

Les initiatives menées par les Inuits et le plan d’aménagement du territoire du Nunavut de 2021 offrent d’importantes perspectives de conservation

Deux grandes nouvelles aires marines protégées ont été créées au Nunavut au cours des dernières années. Dans la foulée de ces progrès, ce dernier pourrait ajouter plus de 400 000 km2 de terres à son réseau de conservation – il lui suffirait de compléter les propositions d’aires protégées existantes et d’approuver son plan provisoire d’aménagement du territoire.*

Le gouvernement fédéral a une occasion particulièrement importante de faire progresser la conservation au Nunavut** en appuyant les initiatives de conservation et d’intendance dirigées par les Inuits, en approuvant le Plan d’aménagement du territoire du Nunavut de 2021 et en investissant dans les opportunités économiques connexes pour les collectivités. 

*Dans une perspective écologique et autochtone, la terre et l’océan forment ensemble un écosystème intégré; d’ailleurs, de nombreux processus de planification du Nunavut reflètent cette interconnexion. Ainsi, certaines initiatives sont mentionnées à la fois dans la section sur les terres et celle sur les océans du présent rapport.

**Le gouvernement fédéral détient toujours une autorité importante sur la gestion des terres au Nunavut, ce dernier n’ayant pas encore été investi de l’autorité sur les terres et les ressources, contrairement au Yukon et aux Territoires du Nord-Ouest.

Colombie-Britannique

La Colombie-Britannique offre de nombreuses opportunités pour la création d’APCA, mais ses AMCEZ doivent satisfaire à des normes de qualité

Le gouvernement britanno-colombien n’a pas d’engagements fermes concernant les objectifs de protection terrestre, et a peu progressé ces dernières années sur la conservation par zone. En 2021, la Colombie-Britannique a été la première province à commencer à négocier un accord sur la nature avec Ottawa (cette entente est la condition préalable à l’obtention de nouveaux fonds fédéraux pour la conservation de la nature). La province indique protéger 4,1 % de son territoire au moyen d’autres mesures de conservation efficaces par zone (AMCEZ). Il s’agit du pourcentage le plus élevé de superficie comptabilisée comme AMCEZ au Canada. Malheureusement, ces superficies déclarées comme AMCEZ ne répondent pas aux normes de qualité internationales ou canadiennes.*

*Canadian Parks and Wilderness Society. (2022). An Honest Accounting: Improving BC’s Approach to Claiming Other Conserved Areas. https://cpawsbc.org/wp-content/uploads/2022/02/22-02-04-OECM-report-%C6%92-reduced-1.pdf

Alberta

La conservation doit aussi être une priorité pour l’Alberta, pas seulement l’extraction des ressources

Le gouvernement de l’Alberta ne dispose d’aucun engagement concret à l’égard des objectifs de conservation et, encore récemment, envisageait et défendait des politiques et des mesures ayant pour effet d’affaiblir les protections des aires protégées et de menacer les écosystèmes naturels. En février 2022, grâce aux pressions continues de la Première Nation crie Mikisew et de ses partenaires, le gouvernement albertain a agrandi de 1 525 km2 le parc provincial sauvage Kitaskino Nuwenëné, ce qui porte à 15,6 % la superficie totale protégée de la province. En plus des opportunités offertes par les zones répertoriées ci-dessous, l’Alberta abrite de vastes étendues importantes sur le plan écologique et culturel qui présentent un fort potentiel de protection, à condition que la volonté politique se manifeste. Les sondages indiquent que la majorité de la population albertaine appuie le renforcement des mesures de protection et la collaboration du gouvernement avec les autorités et les communautés autochtones pour la création de nouvelles zones protégées.*

*Yellowstone to Yukon Conservation Initiative. (2021). Creating Jobs and Conserving Nature: Albertans say Province Must do Both. https://y2y.net/blog/new-polling-reaffirms-albertans-support-of-conservation/

Saskatchewan

La Saskatchewan doit mettre à jour son objectif de protection et son approche des aires protégées et de conservation autochtones

Le gouvernement de la Saskatchewan n’a aucun engagement récent en matière de conservation, outre une cible établie il y a 30 ans qui consiste à protéger 12 % de la province. De plus, même si le gouvernement provincial a signalé son intérêt pour les APCA, son approche jusqu’à présent est en décalage avec le principe fondamental selon lequel l’établissement et la gestion des APCA doivent relever des Autochtones, ces derniers devant assumer le rôle principal dans la détermination des objectifs, des limites et des structures de gouvernance.*

*Indigenous Circle of Experts. (2018). We Rise Together: Achieving Pathway to Canada Target 1 through the creation of Indigenous Protected and Conserved Areas in the spirit and practice of reconciliation. https://static1.squarespace.com/static/5a2f1db1c027d842f876e280/t/5fc69253a97599144edea656/1606849123220/We+Rise+Together+ICE+Report.pdf

Manitoba

Le Manitoba doit réévaluer la valeur du maintien des aires publiques protégées

Le gouvernement du Manitoba n’a aucun objectif de conservation à l’heure actuelle. Qui plus est, il a signalé son intérêt à déclasser certaines aires protégées provinciales et à explorer de nouveaux modèles financiers, notamment la privatisation de la gestion ou le transfert de propriété au profit de tierces parties. Le terrain de camping du parc provincial de Saint-Ambroise a récemment été privatisé, ce qui a eu pour effet de tripler le coût des droits de camping.

Ontario

Le manque de volonté politique entrave les opportunités de création de nouvelles aires protégées en Ontario

Le gouvernement de l’Ontario ne s’est pas engagé à atteindre les objectifs internationaux en matière de conservation. Au cours des dernières années, la province a fait reculer les mesures de protection de l’environnement au profit du développement, notamment en fragilisant la Loi sur les espèces en voie de disparition et la Loi sur les évaluations environnementales

Québec

Le Québec salué à l’échelle nationale et internationale pour avoir adopté et atteint les cibles de protection

Le gouvernement du Québec a été reconnu comme un chef de fil au Canada et à l’échelle internationale pour avoir respecté son engagement à protéger 17 % de ses milieux terrestres et 10 % de ses milieux marins avant la fin de l’année 2020, puis pour s’être engagé à atteindre le cible de 30 % de protection des milieux terrestre et marins d’ici 2030. Depuis 2021, le gouvernement du Québec a protégé 300 km2 supplémentaires dans le sud de la province et a soutenu les efforts de conservation des municipalités et des groupes locaux.

Nouveau-Brunswick

Le Nouveau-Brunswick peut protéger au moins 10 % de ses terres et de ses eaux intérieures

En 2019, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a lancé l’initiative Patrimoine naturel et s’est engagé à doubler la superficie de son réseau d’aires protégées afin que celui-ci couvre 10 % des terres et des eaux intérieures de la province à l’horizon 2020. Le gouvernement n’a pas pris d’engagements formels ni établi de plans pour aller au-delà de l’objectif de 10 %.

Nouvelle-Écosse

La Nouvelle-Écosse se donne les moyens de protéger au moins 20 % de son territoire

En novembre 2021, le gouvernement néo-écossais a adopté une nouvelle loi sur l’environnement qui a porté son objectif en matière d’aires protégées à au moins 20 % de la masse terrestre de la province d’ici 2030. Cet objectif englobe les aires protégées et de conservation autochtones et est compatible avec les critères de comptabilisation nationaux. La nouvelle loi prévoit également que la province présente une nouvelle stratégie concertée en matière d’aires protégées d’ici la fin 2023.

Terre-Neuve-et-Labrador

Terre-Neuve-et-Labrador négocie un accord sur la nature

Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador ne s’est pas fixé d’objectif de conservation précis ni d’échéancier pour faire avancer les aires protégées dans la province. Cependant, au printemps 2022, le gouvernement fédéral a lancé des négociations en vue d’un accord sur la nature avec le gouvernement provincial, accord qui favorisera les discussions sur la nature, notamment sur les nouvelles aires protégées et la protection de l’habitat des espèces en péril et des oiseaux migrateurs. L’accord pourrait également contribuer à la poursuite des consultations relatives au plan sur les aires protégées pour l’île de Terre-Neuve, qui est actuellement au point mort.

Île-du-Prince-Édouard

L’Île-du-Prince-Édouard doit négocier la protection des terres privées

L’Île-du-Prince-Édouard affiche la plus faible proportion de terres protégées parmi toutes les administrations canadiennes. La protection des terres privées et les organisations non gouvernementales de fiducie foncière continuent de jouer un rôle central dans l’établissement d’aires protégées sur l’île, et les initiatives menées par les Autochtones aident maintenant aussi à faire avancer les choses.

Pour de plus amples informations, prière de contacter :

Tracy Walden
Directrice nationale, Communications et développement, SNAP Canada
twalden@cpaws.org
613-915-4857