« Un Canada fort » signifie défendre la nature
Gouvernement et politiques
Je me souviens encore d’une époque où les saisons étaient marquées – des étés de ciels bleus dégagés et des hivers de neige abondante qui nous permettait de jouer. La nature débordait de vie tout autour de nous.
Je veux que ce Canada-là continue d’exister pour mes enfants et mes petits-enfants. Mais en ce moment, il est clair que notre monde naturel est en transformation.
Avec l’adoption de la Loi visant à bâtir le Canada (projet de loi C-5), je crains que ce qui caractérise notre pays – nos vastes forêts, nos lacs turquoise, nos côtes animées et notre faune abondante – ne soit écarté au nom d’un gain économique à court terme.
Le projet de loi C-5 a été adopté à la hâte par le Parlement en réponse à des défis économiques très réels et sans précédent. Mais dans cette précipitation, nous avons ignoré une crise qui érode notre environnement, notre économie et notre qualité de vie depuis des décennies : la crise qui touche la nature elle-même.
Parce qu’une fois que la nature a disparu, elle ne reviendra plus. On ne peut pas dépaver une zone humide. On ne peut pas ranimer une espèce après sa disparition. Il n’y a pas de « bouton de réinitialisation » lorsqu’une forêt est coupée à blanc ou qu’un fond marin est détruit.
« On nous demande de sacrifier l’avenir de notre environnement pour l’illusion de gains économiques rapides. Ce n’est pas ça, construire une nation. Ce n’est pas le Canada auquel la plupart d’entre nous croient. »
Bâtir un Canada fort signifie protéger ce qui nous soutient
Le nouveau gouvernement a montré qu’il peut agir rapidement lorsqu’il le souhaite. Nous avons été témoins d’actions audacieuses sur les fronts de l’économie et de la sécurité. Nous avons vu des efforts visant à unir le pays grâce à des politiques comme le Laissez-passer Un Canada fort et des efforts visant à réduire les obstacles au commerce intérieur.
Mais lorsqu’il s’agit de protéger la nature – le fondement de nos communautés, de notre santé et de notre prospérité à long terme –, le gouvernement actuel agit d’une façon qui nous préoccupe grandement.

Je suis de nature pragmatique. Je crois au bon sens et au principe de laisser les choses en meilleur état que nous ne les avons trouvées. Je crois que notre économie et notre environnement ne sont pas en opposition – ils dépendent l’un de l’autre. La nature est notre alliée : elle nous protège des inondations et des incendies, purifie notre air et notre eau, nous nourrit et crée des endroits spéciaux qui nous permettent de trouver de la joie et de créer des souvenirs. Qui dit nature dit faune diversifiée – du plongeon huard au macareux et du saumon à la truite, en passant par le caribou et la baleine. Voilà ce qui définit notre identité en tant que Canadiens et Canadiennes. La nature est représentée sur nos pièces de monnaie; elle sert de toile de fond à nos films et émissions de télévision préférés et est incarnée par nos mascottes sportives.
Et pourtant, avec l’adoption rapide de la Loi visant à bâtir le Canada, nous sommes sur le point de perdre ce qui nous est si cher et ce pour quoi bon nombre d’entre nous se sont battus si fort.
Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre notre élan
Au cours des cinq dernières années, nous avons fait des progrès, en travaillant ensemble pour créer de nouvelles aires protégées, honorer le leadership autochtone en matière de conservation et prendre des mesures significatives pour lutter contre la double crise des changements climatiques et de la perte de biodiversité.
Mais la Loi visant à bâtir le Canada menace de défaire cet élan. Il ouvre la porte à des projets accélérés qui pourraient dévaster les espaces naturels nécessaires à notre prospérité, qui pousseraient de nombreuses espèces à l’extinction et qui mettraient les communautés en danger. En un mot, cette loi favorise les intérêts des entreprises au détriment du bien public.
On nous demande de sacrifier l’avenir de notre environnement pour l’illusion de gains économiques rapides. Ce n’est pas ça, construire une nation. Ce n’est pas le Canada auquel la plupart d’entre nous croient.

La nature ne peut pas attendre. Et nous non plus.
Nous devons exiger mieux. Nous devons rappeler à nos dirigeants qu’un « Canada fort » signifie bien plus que la puissance militaire ou la croissance économique illimitée. Cela signifie également la protection des lieux et des valeurs qui unissent notre pays.
Nous avons besoin d’investissements dans de nouveaux parcs nationaux, provinciaux et territoriaux, dans des programmes de conservation et de gardiens dirigés par les Autochtones, et dans des aires marines protégées qui permettront à la nature de prospérer pour nos petits-enfants. Nous avons besoin que le gouvernement fédéral respecte les lois environnementales existantes – qu’il les considère non pas comme des obstacles au progrès, mais comme des outils essentiels pour prendre des décisions intelligentes et réfléchies sur la façon de construire. Et nous avons besoin de véritables consultations avec les communautés autochtones qui connaissent si bien leurs territoires traditionnels.
Plus nous tarderons à prioriser la nature et à investir dans sa protection, plus nous perdrons. J’ai encore de l’espoir. Je pense qu’il n’est pas trop tard pour changer de cap. Mais nous ne pouvons pas continuer d’attendre que les autres agissent.

Voici comment vous pouvez aider :
Appelez ou écrivez au premier ministre et à votre député·e local·e pour leur parler des dangers de la Loi visant à bâtir le Canada. Faites-leur savoir que la vraie prospérité signifie protéger la nature, et non la sacrifier. Vous n’avez pas besoin de parler longuement, dites-leur simplement ce que vous pensez.
Exprimez-vous dans les médias sociaux en utilisant les mots-clics #DéfendreLaNature et #UnCanadaFort et étiquetez votre député·e local·e et le @PMcanadien. Expliquez ce que la nature signifie pour vous et pourquoi il vaut la peine de se battre pour elle.
Nous avons constaté à maintes reprises que lorsque les Canadien·ne·s s’unissent pour protéger ce qui compte, nous faisons réellement une différence. Il est temps de s’unir une fois de plus, avant qu’il ne soit trop tard.
Article écrit par :

Sandra Schwartz
Directrice générale nationale
SNAP Canada