Comment repérer la désinformation
Gouvernement et politiques
Initialement publié en anglais par la SNAP Manitoba le 5 mars 2026
Guide pratique pour connaître la vérité sur la nature, le climat et la conservation
Nous vivons à une époque où l’information circule plus vite que jamais, ce qui a ses bons côtés : il est plus facile d’apprendre, de tisser des liens et de passer à l’action. Malheureusement, les informations trompeuses ou carrément fausses peuvent se répandre tout aussi rapidement.
Lorsqu’il est question des changements climatiques, de la conservation et d’initiatives comme la protection de 30 % des terres et des eaux d’ici 2030, la désinformation peut semer la confusion, miner la confiance et ralentir des progrès qui profitent à tout le monde.
La bonne nouvelle? Nul besoin de posséder une expertise particulière pour repérer la désinformation. À l’aide de quelques outils simples, tout le monde peut apprendre à distinguer le vrai du faux.
Le guide pratique qui suit vous aidera à séparer le bon grain de l’ivraie.

La désinformation cherche souvent à déclencher une réaction émotionnelle, comme la colère, la peur ou l’indignation, car le contenu émotionnel se propage plus rapidement.
Une publication vous fait immédiatement ressentir de la colère ou de l’inquiétude? Marquez une pause et demandez-vous :
- Qui partage ce contenu?
- Qu’essaie-t-on de me faire ressentir?
- M’incite-t-on à agir rapidement?
Les informations fiables favorisent la compréhension. La désinformation pousse souvent les gens à réagir sans réfléchir.
Conseil : Plus une information fait appel aux sentiments, plus il est important de la vérifier.
L’un des meilleurs moyens d’évaluer la crédibilité d’une information est d’en vérifier la source.
Demandez-vous :
Cette information provient-elle d’une institution scientifique, d’une université, d’un organisme public ou d’une organisation réputée?
Ou provient-elle d’un compte anonyme, d’une page de mèmes ou d’un site web douteux?
La source dispose-t-elle d’une expertise sur le sujet?
Par exemple, des milliers de scientifiques de partout dans le monde étudient la science climatique. Pour contredire des décennies de recherche scientifique, une affirmation devrait s’appuyer sur des données solides et crédibles, et non sur des opinions et de rares anecdotes.
Conseil : Les sources qui affichent en toute transparence leur expertise et la façon dont elles arrivent à leurs conclusions sont plus dignes de confiance. Par exemple, elles fourniront un lien vers leur site web ou vers un article de recherche précis.
La désinformation présente souvent des enjeux complexes sous forme d’affirmations simples et catégoriques.
Par exemple :
- « Le changement climatique n’existe pas. »
- « Protéger les terres signifie que plus personne ne pourra jamais les utiliser. »
- « La conservation détruit les économies locales. »
En réalité, les solutions liées à la conservation et au climat sont nuancées. Par exemple, de nombreuses aires protégées soutiennent le tourisme, les loisirs et des économies locales durables tout en préservant les écosystèmes.
Méfiez-vous des mots et expressions comme :
- « Toujours. »
- « Jamais. »
- « Tout à fait faux. »
- « Ils ne veulent pas que vous le sachiez. »
Ce vocabulaire est souvent utilisé pour donner une apparence de certitude à des affirmations contestables ou à des sujets qui méritent davantage de nuance.
Conseil : La véritable science reconnaît la complexité. La désinformation, elle, tend à l’ignorer.
Les affirmations crédibles s’appuient sur des données, et non sur de simples convictions personnelles.
Posez-vous les questions suivantes :
- L’affirmation renvoie-t-elle à des recherches, à des données ou à des rapports reconnus?
- Ou repose-t-elle sur une opinion ou des spéculations?
Par exemple, l’objectif de protéger 30 % des terres et des eaux d’ici 2030 n’est pas arbitraire. Il repose sur des décennies de recherches scientifiques démontrant qu’il est essentiel de protéger une part suffisante de la nature pour maintenir la biodiversité, stabiliser le climat et garantir des écosystèmes sains.
Protéger la nature aide à préserver l’eau potable, soutient la faune sauvage, réduit les risques climatiques et maintient les systèmes naturels dont nous dépendons.
Conseil : Plus les propos sont sensationnels, plus les preuves doivent être solides.
Si une information est vraie, elle est généralement rapportée par de nombreuses sources crédibles.
Recherchez la même affirmation pour voir si elle a été reprise par d’autres sources :
- Des institutions publiques
- Des organisations scientifiques
- Des universités
- Des médias reconnus
Si une déclaration choc n’apparaît que sur un blogue, un compte de réseaux sociaux ou une chaîne YouTube, elle n’est sans doute pas fiable.
Conseil : La vérité est généralement corroborée par de nombreuses sources. La désinformation, elle, est souvent isolée.
La mésinformation, c’est partager une fausse information qu’on croit réelle. La désinformation, elle, n’est pas accidentelle. On la propage pour servir certains intérêts, créer des divisions ou retarder la mise en œuvre de solutions.
Tout au long de l’histoire, la désinformation a été utilisée pour semer le doute sur des enjeux scientifiques, comme le tabagisme et les changements climatiques.
Lorsque le doute s’installe, il devient plus difficile de mettre en œuvre des solutions.
C’est pourquoi il est si important d’apprendre à reconnaître la désinformation.
Rien ne vous oblige à accepter ou à rejeter immédiatement une information. Il est tout à fait sain de poser des questions.
Voici de bonnes questions à se poser :
- D’où vient cette information?
- Sur quelles données s’appuie-t-elle?
- Fait-elle l’objet d’un consensus au sein de la communauté scientifique?
- Est-elle conforme à nos connaissances actuelles?
La curiosité est l’un des meilleurs remparts contre la désinformation.
Pourquoi c’est important
La protection de la nature n’est pas une question de politique ni d’idéologie. Il s’agit d’assurer un avenir sain : un air pur, une eau potable, un climat stable et des communautés prospères.
Conserver et restaurer la nature est vital pour lutter contre les changements climatiques, préserver la biodiversité, protéger les espèces en péril et maintenir une économie forte et durable. Nous dépendons tous et toutes de la nature, de manières aussi bien visibles qu’invisibles.
Lorsque la désinformation se propage, elle peut retarder des décisions importantes et créer des divisions inutiles.
En revanche, avec les outils nécessaires pour trouver des informations fiables, nous pouvons faire des choix éclairés et participer de manière constructive aux débats sur notre avenir commun.
L’essentiel : La vérité est à votre portée
Nul besoin de suivre une formation spécialisée pour repérer la désinformation. Il vous suffit de :
- Réfléchir avant de réagir.
- Vérifier la source.
- Rechercher des données probantes.
- Vous méfier des déclarations fracassantes.
- Vérifier l’information auprès de sources fiables.
- Faire preuve de curiosité.
Dans un monde saturé d’informations, l’esprit critique est l’une des compétences les plus précieuses que nous puissions développer.
Car la protection de la nature — tout comme la protection de la vérité — commence par une population informée.

Pour vous exercer
Vous souhaitez mettre vos nouveaux réflexes à l’épreuve? Le Conseil de presse du Québec a développé un jeu vidéo pour apprendre à repérer la désinformation. Rendez-vous sur colonie404.ca pour vous exercer!