📢 LES NOTES SONT SORTIES. UNE MISE À JOUR SUR LA CONSERVATION AU CANADA DEPUIS LA PUBLICATION DU BULLETIN DE NOTES.

Photo: Parc Algonquin, en Ontario, par Mitch Feinstein

Conservation

Vous avez vu nos notes sur les leaders, les apprenants et les retardataires dans le cours de conservation. Dans ce dernier article de blogue dans notre série intitulée « En route vers 2030 : Bulletin de notes sur les progrès réalisés pour protéger les milieux terrestres et les océans au Canada », nous réfléchissons aux changements qui se sont produits au pays depuis que nous avons terminé la rédaction du rapport.

L’année a commencé avec des mesures positives. Le gouvernement fédéral précédent a signé un accord sur la nature dans les Territoires du Nord-Ouest; il a signé un protocole d’entente (PE) pour élaborer un accord sur la nature au Manitoba; et il s’est engagé à investir dans le financement de projets pour la permanence de SINAA/Qikiqtani au Nunavut. De nouvelles réserves nationales de faune ont vu le jour sur trois îles de la Nouvelle-Écosse. En Ontario, le gouvernement fédéral a signalé son intention de transférer l’administration des terres hautement protégées des biens-fonds de Pickering de Transports Canada au parc urbain national de la Rouge, tandis qu’il s’engageait à affecter des fonds au parc urbain national des Ojibwés, à Windsor. Plus récemment, et plus à l’ouest, la région de Gipsy-Gordon dans le nord-est de l’Alberta a enfin reçu une protection juridique après une période d’incertitude depuis son inclusion dans le plan régional du cours inférieur de l’Athabasca en 2012 et après de nombreuses années de plaidoyer en faveur de sa protection.

Mais depuis, on a pu assister à un certain recul…

Photo : Parc national de la Mauricie, Québec, par Meny Arigur

Des projets de loi plus néfastes les uns que les autres

Plusieurs provinces ont proposé des lois de déréglementation qui pourraient mettre en péril l’environnement, les personnes et notre avenir. 😫

Alberta

L’Alberta a récemment adopté une loi qui fera sûrement baisser sa note. L’ébauche du plan sous-régional Upper Smoky (en cours d’examen) et la All-Seasons Resort Act (projet de loi 35, adopté) suscitent des préoccupations en raison de la dépriorisation des aires protégées et des espèces en péril. Dans l’état actuel de ce plan, deux des populations de caribous dans les montagnes du sud de l’Alberta pourraient perdre leur habitat d’hiver en raison de la coupe à blanc et d’autres projets industriels. Cela irait directement à l’encontre de notre recommandation de respecter les responsabilités en vertu de la Loi sur les espèces en péril et les engagements en matière de protection de l’habitat du caribou des bois. 🦌

Photo: Le Garrot d’Islande dépend des habitats en Alberta et au Québec pour la reproduction et la nidification. Par Feng Yu

Nous continuons d’encourager la province à prioriser la protection de la nature, conformément aux désirs manifestes des Albertains. De récents sondages ont confirmé une fois de plus que la plupart des Albertains sont préoccupés par la perte d’espèces et la crise de la biodiversité (95 %), et 78 % appuient la création de nouveaux parcs et de nouvelles aires protégées pour la protection de la vie sauvage. L’Alberta a besoin d’une stratégie pour protéger la nature et pour l’appliquer à tous les nouveaux développements politiques si elle ne veut pas glisser vers un F.

Le nouveau plan provisoire pour les parcs de la province encourage quelque peu l’expansion du réseau de parcs de l’Alberta. À cet égard, nous espérons voir un suivi et d’autres mesures qui s’harmonisent avec les valeurs des Albertains lors de la finalisation du plan. Les notes finales dépendront d’une mise en œuvre significative.

Ontario

L’Ontario a non seulement échoué dans le cours de conservation, mais a également été suspendu en raison de l’adoption du projet de loi 5.

Ce projet de loi supprime les protections légales de l’environnement, menace les futurs projets de conservation, donne au gouvernement et aux sociétés des pouvoirs illimités, réduit au silence les communautés en diminuant les droits d’appel et la consultation publique, élimine la surveillance environnementale par de tierces parties et met encore plus en danger les espèces déjà en péril en démantelant la Loi sur les espèces en péril. Tout aussi préoccupant est le fait que le projet de loi 5 mine et compromet les droits des Autochtones, les droits issus de traités et la conservation menée par les Autochtones. 😖 

L’Ontario a besoin de toute urgence d’un changement d’attitude en matière de conservation. Nous voulons que le projet de loi 5 soit retiré ou modifié en profondeur afin de respecter la Loi sur les espèces en péril et les droits des Autochtones. 🦋

Photo : Cerf de Virginie – Par Jim Cumming

Québec

Le Québec a commencé l’année 2025 avec un A dans le cours de conservation. Mais peu après, nous avons été alarmés par la présentation du projet de loi 97, qui menace de faire baisser la note de la province.

Le projet de loi 97 est une réforme forestière qui fait passer l’exploitation avant la santé à long terme de l’environnement. Il place la gestion forestière – dans environ 30 % de la province – entre les mains de l’industrie forestière, dont l’intérêt principal réside dans l’extraction du bois d’œuvre. Dans ces « zones forestières prioritaires », aucune aire protégée ne pourrait être créée, et la consultation publique sur la gestion forestière disparaîtrait.

La SNAP Québec a soumis des propositions au gouvernement provincial en vue de s’assurer que la réforme forestière améliore les mesures actuelles de protection environnementale et maintienne la durabilité des emplois dans le secteur forestier. Le projet de loi 97 devrait également répondre aux préoccupations des Premières Nations, notamment en intégrant dans la gestion forestière le consentement préalable, libre et éclairé.

Le Québec doit laisser tomber ce projet de loi et le réécrire pour cet automne s’il veut conserver son statut de meilleur élève dans le cours de conservation.

Autres changements régionaux inquiétants

Manitoba 

Lors de notre dernière évaluation, le Manitoba s’améliorait sur le plan de la conservation. Mais nous sommes préoccupés par l’intérêt croissant pour les pipelines – annoncé dans le contexte des feux de forêt causés par le climat dans toute la province. 🌲🔥 

La SNAP Manitoba a récemment commandé un rapport intitulé Manitoba’s Hudson Bay Lowlands : Ecosystem Goods and Services Assessment, qui rappelle à la province les avantages économiques et sociaux que peuvent procurer les aires protégées. Le rapport souligne également le rôle unique et grandissant de la région dans la protection des écosystèmes riches en carbone pour les générations futures. 🌳

Photo : Ours polaires dans la baie d’Hudson, dans le nord du Manitoba, par Danita Delimont

Saskatchewan

La Saskatchewan a obtenu la note de D, ce qui reflète sa négligence persistante à l’égard de la protection des terres humides. Il semble que nos efforts de sensibilisation n’aient toujours pas abouti. 🐢🦆 

L’Agence de sécurité de l’eau a lancé une politique de gestion de l’eau agricole, qui favorise le développement agricole et le drainage des zones humides. Le plan prévoit qu’entre 40 et 60 % des zones humides historiques seront préservées, mais comme moins de 30 % des terres humides originales de la Saskatchewan existent encore, nous ne savons pas comment l’agence en est arrivée à ces chiffres.

Pour éviter que la note de la Saskatchewan ne baisse davantage, la province doit redoubler d’efforts et se concentrer sur la conservation des terres humides plutôt que sur le drainage continu. 🚣

Pélicans blancs américains sur le lac Last Mountain, en Saskatchewan
Photo : Pélicans blancs américains sur le lac Last Mountain, en Saskatchewan, par Kelly

« Le gouvernement protégera plus que jamais la nature du Canada par la création de nouveaux parcs nationaux, de parcs urbains nationaux, d’aires marines protégées et d’autres initiatives de conservation. »

– Discours du Trône prononcé par le roi Charles lors de l’ouverture de la première séance de la 45e législature du Canada

Et finalement, le Canada lui-même…

Au début de l’année 2025, le gouvernement fédéral était parmi les premiers de la classe dans le cours de conservation. Il avait obtenu un B+ pour la protection des terres, des eaux intérieures et des océans. Cependant, la récente décision de faire adopter le projet de loi C-5 par le Parlement malgré la forte opposition des organisations autochtones et environnementales est une mauvaise nouvelle pour la nature. 🤯

Dans son programme électoral et son discours du Trône de 2025, le gouvernement fédéral a présenté une vision sur la façon d’« unir, sécuriser, protéger et bâtir un Canada meilleur ». Cette vision comprenait plusieurs promesses positives pour la nature, notamment l’atteinte de l’objectif 30×30 et le leadership autochtone en matière de conservation.

Cependant, la Loi visant à bâtir le Canada (projet de loi C-5) cherche à relancer l’économie d’une manière qui ouvre la porte à des dommages environnementaux, pose des menaces majeures pour la vie sauvage, affaiblit la protection des droits autochtones et donne des pouvoirs étendus au Cabinet pour approuver des projets massifs sans surveillance adéquate. 💔

Photo : Castors, par Oksana

Un regard sur la réalité

Les projets de loi provinciaux et fédéraux dont il est question ici ne correspondent pas aux recommandations de notre bulletin. Par exemple, la SNAP Canada a recommandé que les gouvernements collaborent pour protéger 30 % des terres, des eaux intérieures et des océans d’ici 2030, qu’ils établissent des objectifs régionaux, qu’ils priorisent la conservation menée par les Autochtones, qu’ils mènent à bien des projets de conservation, qu’ils déterminent les zones à protéger et qu’ils augmentent le financement à long terme. Au lieu de cela, ces modifications législatives font le contraire. 😱

L’approche actuelle de déréglementation pour accélérer le développement économique comporte de nombreux risques, notamment la perte d’habitats naturels, d’espèces sauvages et de biodiversité dans son ensemble. La perturbation accrue de l’environnement naturel pourrait également libérer dans l’atmosphère d’importantes quantités de carbone stocké par les plantes et le sol, contribuant ainsi directement aux changements climatiques. 💣

Renforcer notre économie et réduire notre dépendance à l’égard des États-Unis ne devrait pas se faire au détriment de la nature, surtout lorsque la conservation entraîne des avantages économiques réels et à long terme pour le Canada. Les aires protégées soutiennent la santé des communautés, créent des emplois à long terme, séquestrent et stockent le carbone et apportent une valeur économique fondamentale sous forme de biodiversité. 👨‍👩‍👦🌳🦋🐝 

Les décisions environnementales que les gouvernements prennent aujourd’hui façonneront l’héritage du Canada, non seulement en matière de politiques, mais aussi en ce qui concerne l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons et les terres que nous léguons aux générations futures. Leur bilan reflétera leur choix entre gains à court terme et bien-être à long terme.

Les Canadien·ne·s s’attendent à un leadership fondé sur des données probantes, guidé par la science et favorable à un avenir viable. Il est encore temps d’agir, et nous sommes prêts à soutenir des politiques significatives qui protègent ce que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre. 🌊🐟 

Pour en savoir plus sur les recommandations que nous avons présentées au gouvernement fédéral, aux provinces et aux territoires, veuillez consulter notre rapport « En route vers 2030 : Bulletin de notes sur les progrès réalisés pour protéger les milieux terrestres et les océans au Canada ».

Photo : Parilov

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