La nature façonne qui nous sommes en tant que Canadiens.

Conservation

Lobban Erwin |

Les moments passés dans la nature et les souvenirs qu’ils créent : voilà ce qui définit l’expérience canadienne.

Que serait l’été sans les grasses matinées bercées par le chant du cardinal? Est-ce vraiment le printemps si vous n’avez pas encore été victime de l’intimidation d’une outarde? L’automne, lui, annonce sa venue au son des feuilles d’érable qui craquent sous nos pieds. Enfin, difficile d’oublier que c’est l’hiver lorsqu’on a (encore une fois) oublié sa tuque à la maison et que l’air glacial nous mord les oreilles!  

Au fil des saisons et d’un océan à l’autre, le climat et les paysages changent, mais une chose demeure : la nature est au cœur de l’expérience canadienne. Pour bien des gens, cette expérience passe par le vaste réseau de parcs nationaux, provinciaux et territoriaux, ainsi que par les parcs municipaux et les espaces verts, qui leur permettent de découvrir le monde naturel et de s’en rapprocher. Le temps passé dans ces lieux crée des souvenirs et des liens durables avec la nature, bien au-delà de la simple contemplation de beaux paysages.  

all four seasons in arrow shape
Photo : Four Seasons, par Jaroslav Machacek

La nature laisse toujours une empreinte, et nous avons toutes et tous une histoire à raconter à ce sujet.  

Pour certaines personnes, comme Julie Navitka, la nature est à la fois le cadre privilégié des activités de plein air et une source d’inspiration qui nourrit sa créativité et ses nouvelles aventures. Julie a grandi dans le sud de Winnipeg, dans le Manitoba, et a passé une grande partie de son temps à explorer les boisés et les berges de la rivière Seine. Ces explorations ont fait naître chez elle une passion pour le plein air qu’elle a conservée à l’âge adulte.  

« La nature, c’est mon
havre de paix. Le seul
moment où mon esprit
se calme, c’est lorsque
je suis dehors et
active. »

Julie de ‘Peg City Parks,
(Manitoba)

L’amour de Julie pour le grand air l’a amenée à vivre des aventures extraordinaires. En 2016, elle s’est donné comme défi de visiter les quelque 1 300 parcs et espaces verts de Winnipeg, un exploit qu’elle a accompli en un peu moins d’un an! Cette expérience lui a donné l’idée de créer le site Web « Peg City Parks », un guide proposant des chasses au trésor dans les parcs et les quartiers de Winnipeg. Que Julie fasse de la randonnée, du vélo, du camping ou du kayak, ou qu’elle travaille à la création de « Successfully Sustainable », un nouveau site Web pour ceux et celles qui veulent vivre et voyager de manière durable, le plein air inspire et nourrit ses aventures.

Et Julie est loin d’être la seule.  

Les bienfaits de la nature sur la santé mentale sont bien établis, mais il peut être difficile pour de nombreuses personnes d’en profiter — surtout en milieu urbain, où vit une grande partie de la population canadienne. Toutefois, il n’est pas nécessaire de visiter tous les parcs de sa ville pour profiter des effets positifs de la nature : des études montrent que passer seulement quelques minutes dans la nature peut contribuer à améliorer la capacité d’attention, à réduire le stress et à rehausser l’humeur. Intégrer la nature à son quotidien, par exemple en modifiant son trajet à pied pour passer par un espace vert ou en installant une jardinière sur le rebord d’une fenêtre, peut permettre de profiter de la nature et de créer des souvenirs. Même les petits gestes comptent!

People going for a walk in their local forest
Photo : Randonneurs, par Julie Navitka

« Je suis de plus en plus
conscient que pouvoir profiter du plein air est un privilège. La nature est un patrimoine qui
nous est confié, un bien que nous préservons pour les générations qui nous suivront. »

-Geoffrey Barrow (Colombie
Britannique)

Geoffrey Barrow le comprend parfaitement, lui qui a passé une grande partie de sa vie à travailler à l’intérieur. Maintenant à la retraite après une carrière en droit et installé dans l’intérieur de la Colombie-Britannique, il passe davantage de temps dehors, ce qui l’apaise et lui permet de se ressourcer. Il espère que ses petits enfants et les générations qui lui succéderont pourront vivre une
expérience semblable avec la nature. Car pour Geoffrey, la nature ne nous appartient pas : c’est un héritage qui nous a été légué, dont nous prenons soin et que nous transmettons pour le bien des générations futures.

Le récent rapport Largement appréciées mais insuffisamment valorisées de la SNAP Canada souligne que « les aires protégées et de conservation sont bien plus que de simples actifs écologiques : elles constituent des éléments essentiels de la santé publique et du bien-être social. » En effet, le temps passé dans la nature est une expérience positive qui nous aide également à tisser des liens avec nos proches et le territoire. L’une des études mentionnées dans le rapport de la SNAP porte sur le parc national Fundy, au Nouveau-Brunswick (voir p. 48). La majorité des personnes interrogées ont signalé que leur visite au parc national avait amélioré leur bien-être physique et mental. Pas moins de 84 % des personnes interrogées ont déclaré que « le temps passé dans ce lieu me permet de créer des liens avec ma famille et mes ami·e·s », ce qui témoigne de la force des liens sociaux qui se tissent avec la nature et autour d’elle.

Baneen Al-Sachit, de Calgary, en Alberta, est une autre passionnée de plein air, notamment d’escalade. Ce sport lui a appris l’importance de la conscience de soi, de la patience et de la confiance, ainsi que le rôle essentiel du repos et de l’échec pour progresser.

« Le contact avec la nature a été fondamental pour mon
bien-être mental et émotionnel, mon sentiment d’appartenance et mon autonomie. Il me ramène à l’essentiel, m’aide à gérer mon stress et m’apporte
de la clarté dans les moments d’anxiété ou d’incertitude. »

Baneen Al-Sachit,
Alberta

Baneen est une femme musulmane et arabe, et son rapport à la nature est teinté de questions liées à l’accès, à la sécurité et au sentiment d’appartenance. Elle a particulièrement à cœur de favoriser un accès équitable à la nature et œuvre à créer des milieux où les personnes issues de communautés sous-représentées peuvent participer sans compromettre leur identité. Elle cherche constamment à remettre en question l’idée selon laquelle le plein air serait réservé à un certain type de personne et souhaite voir se développer une culture du plein air qui reflète toute la diversité du monde dans lequel nous vivons.

Passer du temps dans la nature est l’une de ces rares expériences où l’on peut sentir son esprit s’apaiser sur-le-champ. Ce contact agit directement sur la partie de notre cerveau qui régule les émotions et contribue à améliorer la santé mentale, la pression artérielle et le sommeil. Voilà toute la puissance de l’accès à la nature, et c’est pourquoi l’initiative des parcs urbains nationaux (PUN) constitue un effort de conservation si important aujourd’hui.

Julie on mountain
Photo : Alberta par Baneen Al-Sachit

Près des trois quarts de la population canadienne vivent en milieu urbain, où il peut être difficile d’avoir régulièrement accès à des espaces naturels de qualité. Les PUN visent à préserver la nature dans les villes du Canada. Ils offrent des espaces plus sûrs pour la faune et protègent les écosystèmes, tout en améliorant la qualité de vie de millions de personnes en leur donnant accès à de magnifiques corridors naturels sans devoir quitter leur municipalité.

Photo: Etobicoke Park by achpf

Le parc urbain national de la Rouge, dans la région du Grand Toronto, est le premier PUN au Canada, fruit d’une décennie de travail de la SNAP Canada et de ses partenaires. D’autres pourraient bientôt voir le jour : le gouvernement canadien envisage activement la création de sept autres PUN dans différentes régions du pays. La SNAP Canada s’emploie à faire en sorte que les sites retenus revêtent une importance écologique et culturelle et contribuent de façon positive à la lutte contre la perte de biodiversité et les changements climatiques.  

Les bienfaits que nous procure la nature ne sont pas qu’une impression : ils sont confirmés par la science. Protéger les endroits où l’on se sent bien dans sa peau, c’est aussi protéger notre santé.

Lobban Erwin, Conseiller national, dons institutionnels, à la SNAP Canada

ARTICLE RÉDIGÉ PAR

Lobban Erwin
Conseiller national, dons institutionnels
SNAP Canada

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