La conservation menée par les Autochtones
Cathedral Grove, parc provincial MacMillan, île de Vancouver. Photo par Ferenc
La conservation menée par les Autochtones, conçue et gérée par les communautés autochtones, profite à la nature et à tout le monde au Canada.
Soutenir l’utilisation des pratiques, des connaissances, des compétences et des lois que les peuples autochtones ont élaborées, affinées et partagées d’une génération à l’autre pour prendre soin de la nature de manière plus holistique.
Définitions
Les APCA sont des terres et des eaux dont la protection et la conservation relèvent en priorité des gouvernements autochtones, par le biais de lois, de structures de gouvernance et de systèmes de connaissances autochtones. En savoir plus
Le savoir autochtone désigne un ensemble de systèmes de connaissances complexes qui sont uniques aux communautés des Premières Nations, des Métis et des Inuits en fonction de leur vision du monde. Il s’agit d’une vision holistique du monde, d’une connexion entre les êtres vivants, et d’un équilibre ou d’une réciprocité avec la nature.
Traditionnellement, les organismes de conservation comme la SNAP Canada ont travaillé entièrement dans le cadre des systèmes de connaissances occidentaux basés sur la science occidentale. L’intégration des SCA dans notre travail nous aide à prendre de meilleures décisions et à être de meilleurs partenaires pour les Nations autochtones. En savoir plus.
Au début de la colonisation, certaines communautés des Premières Nations et des Inuits ont signé des « traités de paix et d’amitié » pour établir de nouvelles relations commerciales et des alliances militaires. Peu de temps après la signature, les gouvernements coloniaux ont souvent trahi l’esprit et les conditions de ces traités. Ils se sont emparés des terres pour les vagues successives de colonisateurs, expulsant de nombreux peuples autochtones de leurs territoires — des terres qu’ils n’avaient jamais accepté de céder — ou les entassant dans de petites « réserves ».
Au cours des dernières décennies, des traités modernes, fermement soutenus par les tribunaux, accordent des droits significatifs aux Premières Nations signataires ; ils comprennent souvent des ententes sur l’autonomie gouvernementale qui redonnent aux communautés autochtones le pouvoir de prendre leurs propres décisions. En savoir plus.
Dans les régions du Canada où aucun traité n’a jamais été signé, la colonisation européenne a été entreprise sans le consentement des habitants d’origine. C’est ce que nous appelons des terres « non cédées ».
Peu importe si des traités historiques ont été signés, lorsqu’aucun consentement n’a été donné pour l’occupation des terres, ces dernières sont considérées comme « non abandonnées ».
Dans le domaine de la conservation, l’alliance signifie soutenir activement les initiatives menées par les Autochtones en utilisant leur position et leurs ressources pour surmonter les obstacles et promouvoir des partenariats équitables. Il s’agit d’une pratique continue d’apprentissage et de recul pour que les Autochtones puissent montrer la voie.
La réconciliation consiste à établir et à maintenir une relation de respect mutuel entre les peuples autochtones et non autochtones du pays. Pour que cela se produise, il faut qu’il y ait une prise de conscience du passé, une reconnaissance des torts et de ses causes et des mesures visant à changer les comportements.
La conservation menée par les Autochtones est à la base de bon nombre des aires protégées les plus efficaces au Canada.
En tant qu’intendants traditionnels des terres et des eaux grâce aux connaissances acquises au fil des siècles, les dirigeants autochtones apportent une immense valeur à la conservation. Leur leadership a servi de fondement à bon nombre des aires protégées les plus efficaces au Canada et est essentiel à la protection de la nature pour les générations futures.
La conservation menée par les Autochtones reconnaît que ces derniers sont les intendants traditionnels de la nature et qu’ils jouent un rôle clé dans les processus décisionnels. De plus, elle vise à empêcher la répétition des efforts de conservation nuisibles du passé qui ont retiré les peuples autochtones de leurs terres.
Les aires protégées et de conservation autochtones (APCA) sont des terres et des eaux dont la protection et la conservation relèvent en priorité des gouvernements autochtones, par le biais de lois, de structures de gouvernance et de systèmes de connaissances autochtones.
Les APCA conjuguent la protection culturelle, la préservation de la langue et la gérance de l’environnement, et elles reconnaissent qu’il est impossible de protéger la terre sans protéger la culture.
Les APCA constituent une approche transformatrice et holistique de la conservation qui profite à la fois à la nature et aux populations.
Bien qu’elles varient en termes de gouvernance et d’objectifs de gestion, les APCA partagent généralement trois éléments essentiels :
- Elles sont dirigées par des Autochtones
- Elles représentent un engagement à long terme en faveur de la conservation
- Elles rehaussent les droits et les responsabilités des Autochtones
« La conservation menée par les Autochtones » est une nouvelle façon de décrire un éventail de pratiques, de connaissances, de compétences et de lois en matière d’intendance que les peuples autochtones ont élaborées, perfectionnées et transmises d’une génération à l’autre pour prendre soin de leurs territoires et les gouverner.
Le soutien à la conservation menée par les Autochtones est un élément important de la réconciliation. En savoir plus.
Balancing the Narrative: Communications Guidelines for Indigenous-led Conservation (Équilibrer le récit : Lignes directrices en matière de communications pour la conservation menée par les Autochtones), produit par le Partenariat pour la conservation par la réconciliation (PRC)
Pendant plus d’un siècle après la création du premier parc national du Canada en 1885, les peuples autochtones ont été explicitement exclus des processus d’établissement de parcs et d’aires protégées partout au Canada.
Dans de nombreux cas, ils ont été forcés de quitter les terres et les eaux qu’ils avaient gérées et qui les avaient soutenus pendant des millénaires. Cela fait partie de l’histoire des parcs au Canada, et il est important de le reconnaître, car nous nous efforçons de faire mieux aujourd’hui.
Pour une organisation comme la SNAP Canada, faire mieux signifie s’assurer que nous suivons le leadership des peuples autochtones dans la mesure du possible et que nous agissons toujours de manière à favoriser le partenariat et à soutenir la réconciliation.
Lorsque le leadership autochtone est placé au centre des efforts de conservation, nous pouvons éliminer les obstacles et créer des solutions ensemble, en mettant à profit les ressources suivantes :
- Expertise partagée – Une combinaison de connaissances juridiques, de compétences techniques et de réseaux de communication qui favorise un impact plus important.
- Des voix plus fortes – Un travail de défense des intérêts uni a plus de poids que des efforts dispersés. Les décideurs écoutent lorsque des voix diverses parlent ensemble.
- Approches novatrices – Ensemble, les connaissances autochtones traditionnelles et la science occidentale produisent de meilleurs résultats environnementaux. L’intégration de différentes façons de savoir garantit que tous les aspects de la conservation sont pris en compte et abordés.
La conservation est aujourd’hui confrontée à plus de défis que jamais : déficits de financement, pressions politiques et contraintes de capacité. Lorsque les gouvernements donnent la priorité au développement plutôt qu’à la protection, les endroits que nous aimons deviennent vulnérables. En suivant l’exemple des peuples autochtones, nous pouvons relever ces défis ensemble, tout en travaillant à réparer les torts du passé.
The Displacement of Indigenous Peoples for National Parks (2024). EnvironBuzz Magazine.
The shady past of Parks Canada: Forced out, Indigenous people are forging a comeback (2017). National Post.
Partout au Canada, les efforts de conservation menés par les Autochtones transforment les paysages :
- Gestion traditionnelle des incendies : Les pratiques de brûlage menées par les Autochtones peuvent prévenir les feux de forêt catastrophiques qui menacent nos collectivités, endommagent les habitats et remplissent notre ciel de fumée. En savoir plus
- Programmes de gardiens autochtones : Fournissent les ressources nécessaires pour que les peuples autochtones soient les « yeux et les oreilles » de leurs territoires traditionnels, surveillent la santé écologique, maintiennent les sites culturels et protègent les zones et les espèces sensibles. Ces mesures créent non seulement des emplois et des occasions d’exercer des responsabilités en matière d’intendance, mais elles permettent également de créer des collectivités et des écosystèmes plus sains pour tous. En savoir plus
- Revitalisation culturelle : En intégrant la conservation menée par les Autochtones dans l’approche du Canada en matière de protection de la nature, les APCA sont des espaces où la langue, le savoir, les liens culturels et spirituels avec la terre peuvent être maintenus, développés et transmis. L’autodétermination découlant de l’autorité et de la gouvernance autochtones des APCA est essentielle au bien-être des générations actuelles et futures. En savoir plus
En savoir plus sur la réconciliation et la conservation menée par les Autochtones
En tant qu’organisme de bienfaisance national voué à la conservation, la SNAP Canada croit qu’il lui incombe d’éduquer son personnel sur l’histoire et les expériences vécues des peuples autochtones au Canada dans le but de renforcer les relations avec les partenaires autochtones et les communautés qui participent aux travaux de conservation.
Nous encourageons fortement nos supporteurs et supportrices à se joindre à nous pour apprendre l’histoire des peuples autochtones.
Si vous êtes à la recherche de ressources pour en apprendre davantage sur la conservation menée par les Autochtones et sur l’histoire autochtone, voici quelques suggestions :
Historique de la SNAP Canada et engagements continus envers les Premières Nations, les Métis et les Inuits
Lorsque notre organisation a été fondée, la conservation s’opérait de façon très différente et selon un modèle qui excluait intrinsèquement les Premières Nations, les Métis et les Inuits, qui géraient pourtant ces terres et ces eaux depuis des millénaires. Ces peuples n’ont pas été consultés dans les processus décisionnels et, dans de nombreux cas, leurs terres et leurs moyens de subsistance leur ont été enlevés dans le cadre d’initiatives de conservation coloniale. Il s’agit de l’histoire honteuse de notre secteur, mais c’est une histoire que nous devons reconnaître si nous voulons faire mieux aujourd’hui et à l’avenir.
En tant qu’organisation nationale, la SNAP Canada s’est engagée à tirer des leçons de son passé. Bien que nous travaillions maintenant très différemment, nous apprenons continuellement à nous améliorer en tant qu’alliés; cela signifie reconnaître le leadership des Premières Nations, des Métis et des Inuits et utiliser nos ressources pour soutenir leurs objectifs de conservation, éliminer les obstacles et amplifier leurs voix.
Principes de réconciliation
Principes directeurs pour soutenir l’engagement envers la réconciliation
La SNAP Canada œuvre partout au Canada, y compris sur les terres non cédées, non abandonnées et issues de traités avec les Premières Nations, les Métis et les Inuits. En tant qu’organisme de conservation, nous sommes en voie de réconciliation et nous avons adopté des Principes directeurs pour soutenir le leadership autochtone et la réconciliation.
Notre engagement envers ces principes est complété par des mesures appropriées à l’échelle nationale et régionale, et il contribue à faire progresser nos efforts de réconciliation alors que nous préconisons une protection efficace et à long terme des terres, des eaux intérieures et des zones océaniques importantes sur les plans écologique et culturel au Canada. Nous sommes prêts à être tenus responsables de cet engagement et à reconnaître que nous ne serons pas les seuls à décider si nos actions sont efficaces.
Pour faire progresser la vérité et la réconciliation, nous devons prendre des mesures pour guérir les liens entre les peuples autochtones et les peuples non autochtones en établissant de nouveaux partenariats et liens fondés sur le respect, la réciprocité, l’égalité et la confiance. Cela comprend la promotion de nos priorités en matière de conservation de la biodiversité de manière ouverte et honnête, ainsi que le respect des droits et de l’autodétermination des communautés et des organisations autochtones dans la poursuite de leurs propres intérêts économiques et culturels.
Nos Principes directeurs ont été élaborés par notre conseil d’administration national, en consultation avec le personnel national et régional. Ils seront mis à jour par le biais d’un processus semblable, au besoin.
Alliances et conservation
Alliances et conservation
Le rôle de la SNAP Canada en tant qu’alliée dans cet espace est de soutenir les communautés autochtones dans leurs efforts de conservation, en s’appuyant sur des objectifs communs et le respect mutuel. Nous croyons que cela permettra également de produire des résultats plus résilients, plus efficaces et plus durables en matière de conservation.
La notion d’alliance vise à savoir comment nous appuyons les efforts de conservation menés par les Autochtones en utilisant nos ressources pour éliminer les obstacles et pour promouvoir des partenariats équitables. Il ne s’agit pas d’une destination, mais plutôt d’un parcours continu de construction de relations et de transformation organisationnelle, caractérisé par un apprentissage continu et un recul pour permettre aux Autochtones de montrer la voie.
Nous nous engageons à travailler dans un cadre de réconciliation, à faire progresser nos priorités en matière de conservation de la biodiversité de manière ouverte et honnête tout en respectant les droits et l’autodétermination des communautés et des organisations autochtones dans la poursuite de leurs propres intérêts économiques et culturels.
Apprenez-en davantage sur les Organisations autochtones nationales
The Displacement of Indigenous Peoples for National Parks (2024). EnvironBuzz Magazine.
The shady past of Parks Canada: Forced out, Indigenous people are forging a comeback (2017). National Post.


