Un héritage d’espoir : le parcours d’Alison dans la conservation avec la SNAP Canada

Alison Woodley sur la rivière Nahanni
Photo : Alison Woodley sur la rivière Nahanni

Nouvelles et récits de la SNAP

POUR ALISON WOODLEY, la conservation n’est pas seulement un travail. C’est une vocation. Ses vingt ans de dévouement à la SNAP ont été marqués par une passion inébranlable pour la nature, une croyance profonde dans le pouvoir de la communauté et un engagement envers un travail de conservation transformateur et durable. 

Ayant grandi près d’une aire protégée à l’extérieur de Montréal, les premiers souvenirs d’Alison sont ses balades dans les bois et l’observation d’oiseaux avec ses parents. Après des études en foresterie, elle a travaillé avec des écologistes avant-gardistes à Parcs Canada, dans le parc national Fundy. Constatant le pouvoir des parcs nationaux dans la protection de l’environnement, elle a poursuivi des études de maîtrise axées sur les parcs et les aires protégées et s’est rendue dans le Nord pour mener ses recherches. 

Lorsque l’occasion de rejoindre la SNAP s’est présentée, ce fut comme un signe du destin. « J’ai toujours admiré le travail de l’organisation », reflète-t-elle. « Après la naissance de mes enfants, j’ai voulu retourner à la conservation, afin de renouer avec ma passion. Ce poste axé sur les questions nordiques et les parcs nationaux était parfait pour moi. J’étais aux anges. » 

« La conservation est un sport d’équipe. Il serait impossible d’accomplir ce que nous avons accompli sans tous mes collègues. Sans vous, l’organisation ne peut pas prospérer; c’est grâce à vous que nous avons tant avancé. » 

Alison attribue la clé du succès de la SNAP à sa structure particulière, à son orientation acharnée et à sa vision audacieuse, qui consiste à protéger la moitié des terres et des eaux du Canada. Son réseau de sections locales est un moteur de changement de fond en comble, soutenu par des politiques nationales et des activités de plaidoyer. Autrefois considérée comme irréaliste, la vision fondée sur des données probantes de la SNAP trouve maintenant un écho mondial. 

Tout au long de sa carrière, le profond respect d’Alison pour la nature s’est accompagné d’une croyance dans le pouvoir de la communauté. « La conservation est un sport d’équipe », dit-t-elle, soulignant l’importance des relations à tous les niveaux. De ses collègues de la SNAP aux communautés autochtones, en passant par les gouvernements provinciaux et territoriaux et les donateurs et sympathisants dévoués de partout au pays, le travail ne se fait jamais seul. Ce sont ces connexions qui l’ont épaulée à travers chaque défi. 

Alison avec son mari Steven Woodley.
Photo : Alison avec son mari Steven Woodley.

« Le changement le plus transformateur et le plus positif dans ma carrière a été la reconnaissance et le soutien des dirigeants autochtones. » 

Les efforts des Peuples autochtones pour protéger les terres importantes sur les plans écologique et culturel façonnent l’avenir du Canada. Leurs connaissances sont irremplaçables, et leur rôle est essentiel pour guider la situation sur le terrain. 

L’un de ses moments de fierté a été l’agrandissement de la réserve de parc national Nahanni dans les Territoires du Nord-Ouest. Après presque une décennie de plaidoyer et de collaboration avec les Premières Nations du Dehcho, l’agrandissement du parc a été célébré lors d’une cérémonie au feu à Łı́ı́dlı̨ı̨ Kų́ (Fort Simpson). « Ce fut un véritable honneur d’être témoin de ce moment. Cela a montré tout ce que nous pouvons accomplir lorsque nous persévérons et que nous apportons à la fois notre cœur et notre raison dans ce travail. » 

Lettre adressée à Alison par le Premier ministre
Photo: Lettre adressée à Alison par le Premier ministre

Alison a joué un rôle déterminant dans l’obtention d’investissements fédéraux historiques pour la conservation. Un tournant s’est produit dans son travail avec la Coalition pour un budget vert, lorsqu’elle a appris que les gouvernements dépensaient 25 millions de dollars pour prolonger une route de moins d’un kilomètre, soit le montant qu’elle avait préconisé pour protéger les espèces en péril. L’absurdité de demander si peu pour sauver la nature a frappé fort et a déclenché une nouvelle stratégie audacieuse. L’année suivante, sous la direction d’Alison, ils ont réclamé plus d’un milliard de dollars. Penser grand s’est avéré un succès, et quand le financement a été obtenu, Alison en a eu la chair de poule. En 2018, le gouvernement fédéral a alloué 1,3 milliard de dollars, marquant ainsi une victoire déterminante. Peu de temps après, Alison a reçu une lettre personnelle du premier ministre la remerciant pour ses efforts en matière de protection de l’environnement. C’était un puissant rappel de l’importance de croire en l’impossible. 

« Ce fut l’honneur de toute une vie de travailler pour la SNAP pendant si longtemps. » 

Après plus de 20 ans à la SNAP, Alison laisse un héritage de persévérance, de vision et de cœur. Alison espère que son parcours inspirera les futurs défenseurs de l’environnement à rester concentrés sur des objectifs ambitieux à long terme. Elle encourage la communauté de la SNAP à ne jamais perdre espoir face à l’adversité. 

Alors qu’Alison se tourne vers l’avenir, elle ressent à la fois de l’optimisme et de l’urgence. « Le gouvernement fédéral s’est engagé à protéger 30 % des terres et des océans d’ici 2030, mais le financement arrive à échéance cette année et doit être renouvelé de toute urgence. Investir dans la nature, c’est investir dans le bien-être et l’économie du Canada. L’avenir est prometteur, c’est à nous de le façonner. » 

« L’espoir est un outil puissant, et je suis optimiste. Je crois qu’avec de la persévérance et de la concentration, nous pouvons réaliser notre grande vision. » 

Les mots des collègues d’Alison

Alison est une pierre angulaire de la SNAP Canada depuis 20 ans. Elle a toujours su prendre du recul afin d’adopter une vision globale, un don qui a permis de faire avancer la conservation de la nature au Canada. Son rôle central dans l’obtention d’engagements fédéraux à l’égard de la création de nouvelles aires protégées en 2015 a jeté les bases des nombreux succès que la SNAP a célébrés au cours de la dernière décennie. Le leadership d’Alison se définit par sa capacité à résoudre des problèmes de manière créative. Elle ne baisse jamais les bras devant les obstacles, mais trouve des moyens de les contourner, toujours en adoptant une approche calme et constructive qui suscite un profond respect. Un moment mémorable a été sa journée de connexion avec le personnel au parc de la Gatineau, où elle a non seulement partagé son amour pour la nature, mais a également consolidé l’équipe grâce à d’amusantes activités en nature. Son engagement envers la nature se reflète également dans sa vie personnelle puisqu’elle et son mari ont élevé deux filles passionnées et amoureuses de la nature.  

Eric Hebert-Daly, ancien directeur général de la SNAP Canada

Alison parle avec une honnêteté rare qui rapproche les élus et le public. Elle offre des idées fiables et nuancées qui aident tout le monde à envisager un avenir meilleur pour la nature. Sa patience se démarque par son travail de plaidoyer et son leadership : que ce soit en informant un député de l’opposition ou en lui offrant des conseils francs sur des questions complexes, ses points de vue sont inestimables. Alison laissera derrière elle un héritage de défense de la nature caractérisé par son intelligence, intégrité et passion, des qualités qui ont inspiré et qui continueront d’inspirer d’innombrables autres personnes. 

Megan Leslie, présidente et directrice générale, WWF Canada 

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