L’affaiblissement des protections environnementales liées à un pipeline met les épaulards en péril

Femelle orque SRKW effectuant un saut dans le Nord-Ouest du Pacifique.
Photo : SRKW – femelle orque en saut, Nord-Ouest du Pacifique, par Thomas

Faune | Gouvernement et politiques

La Société pour la nature et les parcs (SNAP) du Canada est vivement préoccupée par un projet d’oléoduc sur la côte Ouest et la circulation accrue de pétroliers qui en découlerait. Ce projet pourrait avoir des répercussions sur l’épaulard résident du Sud, une espèce en voie de disparition, ainsi que sur les habitats côtiers essentiels à des espèces comme le saumon et le hareng, dont dépendent à la fois les épaulards et les populations locales.

Cette proposition, déposée au Bureau des grands projets le 2 juillet, survient quelques semaines après l’annonce d’une autre initiative du gouvernement fédéral : un projet de réforme visant à démanteler des garde-fous environnementaux qui protègent les espèces en péril depuis des décennies.

Ce projet de pipeline illustre parfaitement pourquoi ces protections existent.

La SNAP demande au gouvernement fédéral de préserver l’intégrité de la Loi sur les espèces en péril et de revoir son projet de réforme, qui permettrait à de grands projets de détruire des habitats essentiels et de pousser vers l’extinction des espèces comme l’épaulard résident du Sud et, potentiellement, le saumon quinnat1.

Depuis des décennies, les lois environnementales obligent les gouvernements à examiner soigneusement tout grand projet industriel afin de déterminer s’il pourrait nuire à des espèces en péril, détruire des habitats essentiels ou créer des dangers inacceptables pour les collectivités. La récente proposition du gouvernement fédéral permettrait aux responsables politiques d’écarter plus facilement ces protections au nom de la rapidité et du développement.

« Le gouvernement affirme que ces changements sont nécessaires pour accélérer la réalisation de grands projets, a déclaré Sandra Schwartz, directrice générale nationale de la SNAP Canada. Cependant, ce projet de pipeline illustre parfaitement à quel point ces protections sont importantes. Lorsqu’un projet risque de menacer davantage une espèce en voie de disparition, d’augmenter le risque de déversements pétroliers catastrophiques et de nuire au littoral, aux estuaires et aux bassins versants dont dépendent les communautés et les économies locales, le public mérite un examen rigoureux, et non un affaiblissement des garde-fous. »

L’épaulard résident du Sud est déjà au bord de l’extinction. Des décennies de données scientifiques, y compris des évaluations environnementales réalisées par le fédéral lui-même, démontrent que l’accroissement de la circulation de pétroliers génère des bruits sous-marins qui perturbent la capacité de l’épaulard à chasser, à communiquer et à s’orienter. L’épaulard dépend également du saumon quinnat et d’écosystèmes côtiers en santé, qui subissent déjà d’importantes pressions.

Pourtant, si les réformes proposées par le gouvernement fédéral sont adoptées, des projets comme celui-ci pourraient être soumis à des exigences environnementales moins strictes, à des processus d’évaluation plus courts et à un pouvoir discrétionnaire accru du gouvernement, même lorsque des habitats essentiels sont menacés.

« On demande à la population canadienne de croire qu’on peut produire de meilleurs résultats en affaiblissant les lois environnementales, a poursuivi Sandra Schwartz. Ce projet montre à quel point ce pari est dangereux. Si l’approbation des projets est trop lente, la solution n’est pas d’éliminer les garde-fous qui protègent la nature, les pêches et les communautés. C’est plutôt d’améliorer l’efficacité des processus tout en maintenant la rigueur scientifique, la transparence et la redevabilité auxquelles la population canadienne est en droit de s’attendre. »

Les risques ne se limitent pas aux espèces en voie de disparition. L’augmentation de la circulation de pétroliers accroît aussi le risque d’un déversement de pétrole majeur sur la côte de la Colombie-Britannique.

« Un tel déversement serait dévastateur non seulement pour l’épaulard, mais aussi pour le saumon, le hareng, les pêches, les entreprises côtières, les communautés autochtones et les nombreuses personnes dont le gagne-pain et le mode de vie dépendent d’un océan en santé, a déclaré Sarah McNeil, directrice générale de la SNAP Colombie-Britannique. Les conséquences écologiques, sociales et économiques pourraient perdurer pendant des décennies. »

La SNAP demande au gouvernement fédéral de reconsidérer les modifications proposées au processus d’évaluation d’impact. Il importe de préserver l’intégrité de la Loi sur les espèces en péril et de rejeter toute proposition qui autoriserait la destruction d’habitats essentiels au nom du développement industriel.

« Nous pouvons bâtir les infrastructures dont le Canada a besoin sans sacrifier les espèces sauvages et les systèmes naturels qui soutiennent notre économie et notre qualité de vie, a conclu Sandra Schwartz. Les protections environnementales, ce n’est pas de la paperasse. Ce sont les garde-fous qui nous permettent d’éviter des erreurs irréversibles. Lorsqu’une espèce disparaît, on ne peut plus la faire revenir. »

1 Plusieurs populations de saumon quinnat ont été désignées comme étant en voie de disparition par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et sont en attente de leur inscription officielle en vertu de la Loi sur les espèces en péril.

Faites-vous entendre : le gouvernement doit connaître vos préoccupations concernant l’épaulard résident du Sud et les risques qu’entraînerait une réforme de la Loi sur les espèces en péril pour sa survie.

Agissez dès maintenant et envoyez une lettre à votre député ou députée.

Épaulards nageant près de la côte.

FAITES-VOUS ENTENDRE, CHANGEZ LES CHOSES

Le gouvernement demande aux Canadiens et Canadiennes de soumettre leurs commentaires sur cette proposition avant qu’elle ne soit présentée au Parlement pour examen et approbation.

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