La nature en crise
Société pour la nature et les parcs du Canada | 2019
La planète est actuellement secouée par deux crises environnementales majeures : les changements climatiques et la dévastation de la nature. Partout dans le monde, la santé des écosystèmes se dégrade et les espèces voient leurs populations chuter de manière vertigineuse. Cette situation de déclin engendre une crise écologique et représente un risque important pour nous tous et les générations futures.
OTTAWA, ONTARIO, le 17 juillet 2019 – À l’approche de la Journée des parcs, la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) salue les efforts déployés par le Canada pour respecter ses engagements de protection du territoire d’ici 2020 et exhorte le gouvernement fédéral à jour un rôle de premier plan pour la promotion d’objectifs de conservation ambitieux et fondés sur des données probantes pour la prochaine décennie, qui permettront de contrer la dégradation continue et catastrophique de la nature. Dans son dernier rapport La nature en crise : le Canada doit intensifier les mesures de conservation, la SNAP demande au Canada qu’il se fasse le chef de file pour la promotion d’un objectif de protection et de restauration d’au moins la moitié de la planète et d’une cible clé de protection de 30 % des terres et des eaux intérieures d’ici 2030, et qu’il s’engage à atteindre ces objectifs sur son propre territoire.
Dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique de l’ONU, le Canada s’est déjà engagé à protéger au moins 17 % de ses terres et de ses eaux intérieures d’ici 2020. En 2018, le gouvernement fédéral a octroyé plus de 1,3 milliard de dollars à la conservation de la nature, l’investissement le plus important de l’histoire du Canada dans ce domaine, et a mobilisé les administrations publiques, les peuples autochtones, les ONG et d’autres partenaires pour que tous œuvrent de concert à l’atteinte de cet objectif. Alors que l’échéance de 2020 pointe à l’horizon et que seulement 11,8 % du territoire du Canada est protégé à date, on peut dire qu’il reste encore du travail. Cependant, étant donné les nombreux projets d’aires protégées en cours, la SNAP est convaincue que le Canada peut honorer cet engagement d’ici 2020, ou peu de temps après, et donner le ton pour l’adoption d’objectifs de conservation plus ambitieux pour la prochaine décennie.
« Au moment où les pays commencent à négocier le plan stratégique de la prochaine décennie dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique de l’ONU, le Canada est bien placé pour promouvoir des objectifs qui tiennent compte de la gravité des crises écologique et climatique auxquelles nous sommes confrontés au Canada et dans le monde », fait valoir Alison Woodley, conseillère stratégique à la SNAP. « Nous demandons au Canada de prendre les devants pour aider à piloter les efforts mondiaux dans la lutte contre ces crises étroitement liées et de s’engager à prendre des mesures plus ambitieuses sur son territoire. »
Dans une étude publiée en mai 2019, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a constaté que la nature décline « plus vite que jamais dans l’histoire de l’humanité » et que plus d’un million d’espèces sont menacées d’extinction, dont un grand nombre dans la prochaine décennie si des mesures radicales ne sont pas prises pour changer la situation. D’après cette étude, la perte et la dégradation des habitats provoquées par les perturbations anthropiques apparaissent comme les principaux facteurs à l’origine de cette crise écologique.
« Les données indiquent clairement que la protection et la restauration d’un plus grand nombre d’habitats doivent être au cœur de nos efforts pour sauvegarder la nature, qui est aussi essentielle au bien-être futur des humains », affirme Anna Pidgorna, coordonnatrice principale en conservation à la SNAP. « La protection et la restauration d’au moins la moitié du territoire au sein de réseaux de conservation bien conçus et bien gérés représentent le chemin le plus prometteur pour assurer la survie de la nature et de la faune au Canada et dans le monde. »
Le rapport de la SNAP propose un plan en dix étapes pour permettre au Canada de devenir un véritable chef de file mondial en matière de conservation et de protéger efficacement son patrimoine naturel. Le rapport recommande notamment de concrétiser les propositions d’aires protégées existantes, de défendre des objectifs de conservation fondés sur la science et le savoir autochtone, de promouvoir les solutions naturelles aux changements climatiques et de travailler en partenariat avec les peuples autochtones.