Des « solutions nature » pour le climat
Société pour la nature et les parcs du Canada | 2019
Dans le présent document, la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) propose une feuille de route sommaire pour orienter les décideurs et les scientifiques. Celle-ci présente comment la conservation des écosystèmes permet de lutter à la fois contre les changements climatiques et pour la protection de la biodiversité.
Les sociétés et la nature de la planète sont confrontées à deux défis des plus urgents : les changements climatiques et la perte de la biodiversité. Les perturbations du sol, telles que le déboisement, entraînent des émissions de gaz à effet de serre (GES) et la dégradation des habitats fauniques. Cette dégradation affecte également la capacité des écosystèmes de protéger les populations des inondations et d’autres catastrophes environnementales.
Six étapes pour lutter contre les changements climatiques et la perte de la biodiversité au Canada.
D’après Florence Daviet, directrice nationale du Programme des forêts à la SNAP et auteure du rapport, bon nombre des mesures proposées pourraient être prises immédiatement, comme la création d’un fonds pour des solutions climatiques fondées sur la nature. « La SNAP préconise la création d’un fonds d’un milliard de dollars pour financer la conception et la mise en œuvre de projets visant à réduire les émissions de GES dues aux changements dans l’utilisation des terres et à la dégradation des écosystèmes, et ce, de façon à préserver la biodiversité », explique Mme Daviet. « Pour que ces solutions soient durables, nous devons également nous attaquer aux causes fondamentales du changement dans l’utilisation des terres et de la dégradation de celles-ci. Un tel fonds permettrait de susciter des initiatives novatrices et concertées en ce sens. »
En plus du fonds, le rapport propose d’autres stratégies de lutte contre les changements climatiques qui pourraient être mises en œuvre au cours des prochaines années : le plafonnement des émissions de GES provoquées par la dégradation des écosystèmes et le renforcement de la Loi sur la tarification de la pollution causée par les gaz à effet de serre afin qu’elle englobe les principaux émetteurs de ces émissions écosystémiques.
« Ce fonds serait un excellent point de départ, mais en fin de compte, nous devons changer systématiquement notre façon de gérer nos terres afin d’apporter des solutions aux deux défis que représentent les changements climatiques et la perte des espèces et des écosystèmes. J’espère que ce rapport permettra d’amorcer un dialogue sur la façon dont nous pouvons y parvenir », déclare Dale Marshall, gestionnaire national de programme à Environmental Defence.
Intégrer la nature dans la politique sur le climat
Il est important de noter que le principal défi à relever pour tenter de résoudre simultanément la perte de la biodiversité et les changements climatiques vient du fait que les mesures de conservation ne permettront pas toutes de réduire les émissions de GES, et que les mesures d’atténuation des changements climatiques ne seront pas toutes bénéfiques pour la biodiversité. Il est donc essentiel que le gouvernement fédéral reconnaisse que les écosystèmes peuvent procurer des avantages à long terme sur les plans de la biodiversité et de l’atténuation des changements climatiques malgré ce défi et les aléas environnementaux qui se produisent.
« Nous sommes en voie de constituer un solide corpus de connaissances sur ces questions au Canada. Les Canadiens sont conscients que nos écosystèmes sont un élément fondamental de l’identité de notre pays; et que leur protection est essentielle à la conservation des espèces et à l’atténuation des changements climatiques. Il est temps pour nous de mettre à profit ces éléments et de commencer à gérer nos écosystèmes en se penchant clairement sur ces deux questions », précise Mme Daviet.