Faire front pour la nature

Exprimez-vous : dites au gouvernement qu’accélérer la mise en œuvre de projets ne doit pas se faire au détriment de la protection de la nature.
Pour « Bâtir un Canada fort », le gouvernement n’a pas à affaiblir la protection de la nature. Dans un récent document de travail, le fédéral soumet à la population canadienne une proposition préoccupante visant à accélérer la mise en œuvre de projets dits « d’intérêt national ».
Cette proposition a pour objectif d’affaiblir les garde-fous qui protègent l’intégrité environnementale, les droits autochtones et le bien-être des communautés. Si elle est adoptée telle quelle, elle fera reculer la conservation de plusieurs décennies.
Le gouvernement invite la population canadienne à transmettre ses commentaires sur cette proposition préliminaire. Vous avez jusqu’au 22 juillet pour participer.
Pouvons-nous compter sur vous pour défendre la nature?
Pouvons-nous compter sur vous pour défendre la nature?
Le développement économique du Canada ne doit pas se faire aux dépens de la nature. Faites-vous entendre : cette consultation publique pourrait façonner le Canada pour les générations à venir.
La SNAP Canada est très préoccupée
Les risques dépassent l’entendement
Si cette nouvelle proposition est acceptée, elle pourrait ouvrir la porte au sacrifice d’espèces et d’habitats au nom des intérêts industriels. Elle nous ramènerait à une époque où les règles environnementales n’existaient même pas. Voici ce qui est proposé :
- Autoriser la dérogation aux lois sur la protection des espèces en péril → Des projets pourraient être approuvés en dépit du risque élevé d’extinction de certaines espèces, comme l’épaulard résident du Sud.
- Créer des « zones économiques fédérales » où les règles habituelles ne s’appliquent pas → Des projets pourraient être préapprouvés sans aucune évaluation de leurs impacts environnementaux et sans consultation des communautés touchées.
- Limiter la durée des études d’impact à un an (même pour les projets complexes) → Des décisions pourraient être prises à la hâte sans véritable compréhension des effets sur la population et la nature.
- Donner à un ou une ministre le pouvoir d’accorder des permis et des approbations → Le résultat serait un processus décisionnel opaque, qui repose sur des considérations politiques plutôt que sur l’expertise scientifique, et qui mènerait au sacrifice d’espèces et d’habitats au nom d’intérêts industriels.
En savoir plus sur les enjeux.
Les enjeux pour vous et pour l’ensemble des Canadiens et Canadiennes
Ce que nous nous battons pour protéger aujourd’hui façonne le Canada que connaîtront les générations futures.
Le gouvernement a promis à la population canadienne une voie vers la prospérité qui respecte l’équilibre entre les impératifs économiques et environnementaux. Cependant, bâtir rapidement, ce n’est pas la même chose que bien bâtir. S’il souhaite réellement « Bâtir un Canada fort », le gouvernement doit accélérer les processus sans démanteler les protections qui préviennent les catastrophes coûteuses, assurent le respect des droits autochtones et préservent la nature.
- La protection de la nature garantit la qualité de notre eau potable, maintient nos habitats fauniques intacts et protège nos communautés contre les effets des changements climatiques tels que les inondations, les incendies et les températures extrêmes.
- L’élimination des garde-fous environnementaux accélère la perte de biodiversité. Ce problème n’est pas seulement environnemental : c’est aussi un risque économique qui perturbe les chaînes d’approvisionnement, fait grimper les coûts d’assurance et rend les catastrophes encore plus coûteuses.
- Les décisions prises aujourd’hui pourraient changer les terres publiques, les plans d’eau et la faune pendant des générations. Les Canadiens et Canadiennes ont le droit de comprendre ce qui est proposé et comment les décisions sont prises.

Cette nouvelle proposition n’a rien d’une vision d’avenir. C’est un retour en arrière. La SNAP Canada appuie la volonté d’éliminer les obstacles inutiles et de réduire les délais pour l’approbation des projets. Cependant, les recommandations actuelles ne sont pas la solution dont la nature et la population ont besoin.
Promesses et reculs
Aujourd’hui plus que jamais, la nature a besoin d’une population mobilisée. La dernière année a été marquée par des revirements constants du gouvernement fédéral en matière de conservation :
Janvier 2025
Le projet de loi C-73 (projet de loi sur la responsabilité envers la nature) sombre dans l’oubli lorsque le Parlement est prorogé. Le projet de loi n’était pas parfait, mais c’était un début.
Avril 2025
L’horizon s’éclaircit quelque peu lorsque la nature fait son entrée dans la plateforme électorale libérale. Des promesses modestes, certes, mais un pas dans la bonne direction.
Juin 2025
Le projet de loi C‑5, la « Loi sur l’unité de l’économie canadienne », est adopté précipitamment et introduit un processus fédéral permettant de restreindre les protections environnementales et de contourner les consultations avec les communautés autochtones.
Novembre 2025
Les jours se font plus courts et plus sombres, tout comme les perspectives pour la nature, qui n’est pas du tout mentionnée dans le budget fédéral. Au même moment, la publication des rapports du Commissaire à l’environnement et au développement durable (CEDD) révèle l’ampleur du financement encore nécessaire pour atteindre les objectifs de protection du Canada.
Fin 2025
Alors que la Stratégie pour la nature se fait toujours attendre, Mark Carney signe un protocole d’accord avec l’Alberta visant à créer de nouveaux corridors industriels qui laisseraient des brèches dans les protections environnementales, mettant possiblement en danger la côte nord du Pacifique et ses communautés.
31 mars 2026
Le plan Une force de la nature est lancée, avec un engagement de 3,5 milliards de dollars sur cinq ans pour la conservation. Il s’agit d’une avancée importante. Le véritable test sera maintenant sa mise en œuvre : permettra-t-elle au Canada de revenir sur la bonne voie pour protéger 30 % de ses terres, de ses eaux douces et de ses océans d’ici 2030 ?
Avril 2026
La Mise à jour économique du printemps annonce un financement additionnel de plus de 250 millions de dollars sur cinq ans, ainsi qu’un engagement à limiter les risques pour la vie marine le long de la côte du Pacifique, où le commerce et le trafic maritime augmentent. Cependant, l’écart entre le financement et les résultats continue de se creuser : nous avons maintenant le budget, mais nous attendons toujours la feuille de route pour atteindre nos objectifs en 2030.
Mai 2026
Le gouvernement annonce une proposition alarmante visant à accélérer la mise en œuvre de projets d’intérêt national. En accélérant le processus d’évaluation d’impact, en ouvrant la porte au sacrifice d’espèces et d’habitats essentiels au nom du développement industriel et en proposant la création de « zones économiques » où les règles habituelles ne s’appliquent pas, la proposition est l’antithèse des valeurs de protection de la nature récemment mises de l’avant dans Une force de la nature.