SNAP Canada

Les Canadiens et Canadiennes veulent une action gouvernementale contre la perte de biodiversité et les changements climatiques

Près de 70 % sont plus susceptibles de voter pour un parti fédéral qui appuie les aires protégées autochtones

Les Canadiens et Canadiennes veulent de toute urgence que davantage de zones terrestres et aquatiques soient protégées. Voilà ce qui ressort nettement d’un nouveau sondage portant sur la protection de la nature. Nanos Research a interrogé 2 133 personnes pour connaître l’opinion de la population quant aux efforts déployés par les gouvernements du pays pour contrer la double crise de la perte de biodiversité et des changements climatiques.

Lisez l’éditorial de Sandra Schwartz, directrice exécutive nationale de la SNAP Canada, publié dans The National Observer le 28 octobre 2022. (en Anglais)

Texte intégral ci-dessous

————————————-

Les Canadiens et Canadiennes veulent une action gouvernementale contre la perte de biodiversité et les changements climatiques

PAR SANDRA SCHWARTZ LE 28 OCTOBRE 2022

Les Canadiens et Canadiennes veulent de toute urgence que davantage de zones terrestres et aquatiques soient protégées. Voilà ce qui ressort nettement d’un nouveau sondage portant sur la protection de la nature. Nanos Research a interrogé 2 133 personnes pour connaître l’opinion de la population quant aux efforts déployés par les gouvernements du pays pour contrer la double crise de la perte de biodiversité et des changements climatiques.

Le gouvernement fédéral a annoncé des plans pour protéger 30 % des terres et des océans du Canada d’ici 2030. La majorité des Canadiens interrogés ont dit vouloir que leurs gouvernements provinciaux et territoriaux respectent cet engagement, mais peu de provinces et de territoires ont déjà pris cet engagement envers leurs électeurs. La grande majorité (90 %) des répondants au sondage ont dit appuyer l’engagement de protection de 30 % des terres, et 84 % celui de protection des océans. Un nombre comparable de Canadiens se disent en faveur d’une augmentation des dépenses gouvernementales en faveur de la conservation de la nature.

Et quand la population canadienne veut-elle cette protection? Maintenant. Environ huit personnes interrogées sur dix ont indiqué qu’il était important que les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux accélèrent les progrès et prennent des engagements plus fermes pour protéger la nature. S’engager à agir ne suffit pas – il faut dès maintenant accélérer les efforts de conservation sur le terrain.

La protection des terres ne consiste pas seulement à prévenir ou à inverser la perte des habitats. Qu’il s’agisse des incendies de forêt et des inondations en Colombie-Britannique, de la fonte du pergélisol dans le Nord ou de l’ouragan Fiona dans les Maritimes, la population canadienne subit déjà les effets dévastateurs des changements climatiques. Les grands espaces naturels intacts aident à protéger le Canada des dévastations provoquées par les changements climatiques. En effet, la nature absorbe les émissions dans l’air et agit comme un puits de carbone. Les forêts, les zones humides et d’autres écosystèmes servent également de tampons contre les phénomènes météorologiques extrêmes.

Si le Canada veut atteindre la protection de 30 % d’ici 2030, tous les pouvoirs publics devront accélérer le rythme. À l’heure actuelle, le pays ne protège qu’environ 14 % de ses terres et de ses océans. Mais à quoi peut ressembler une meilleure protection?

Pour commencer, elle est menée par les peuples autochtones. Une étude réalisée par l’Université de la Colombie-Britannique a fait récemment état du succès de la conservation menée par les Autochtones. Les chercheurs ont analysé des données provenant d’Australie, du Brésil et du Canada et ont constaté que les terres gérées par les populations autochtones abritent une plus forte biodiversité.

L’efficacité de la conservation menée par les Autochtones est manifeste, et 69 % des Canadiens se disent plus enclins à voter pour un parti fédéral qui soutient les aires protégées autochtones qui préservent les terres, la faune et la mer.

Les peuples autochtones sont les gardiens de la terre et des eaux du Canada depuis des millénaires. Nous devons suivre leur exemple.

Dans le nord-est de la Colombie-Britannique, les Kaska travaillent à l’établissement de Dene Kʼéh Kusān, une vaste région protégée dans la province dont la superficie est supérieure à celle de l’île de Vancouver. Pas de coupes à blanc, pas de mines, et même pas de route dans ces quatre millions d’hectares de terres protégées, où foisonnent caribous, orignaux et chèvres de montagne.

Au Manitoba, cinq communautés autochtones ont uni leurs efforts pour protéger le bassin hydrographique de la rivière Seal, l’un des plus grands bassins hydrographiques du monde encore intacts sur le plan écologique. On y trouve des espèces en péril comme le caribou de la toundra, l’ours blanc et le hibou des marais.

Dans le nord de l’Alberta, la Première Nation des Dene Tha’ cherche à créer une aire protégée et de conservation autochtone (APCA) dans la région de Bistcho Lake dans l’optique de réaliser sa vision de préservation de paysages sains et résilients. Ces efforts mèneront à la protection et à la conservation d’une zone importante sur le plan culturel et écologique, et permettront de protéger un habitat essentiel pour le caribou des bois, une espèce menacée.

En plus de jouer un rôle déterminant dans la protection de la nature, ces initiatives soutiennent aussi les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire des Autochtones tout en favorisant leur souveraineté et le processus de réconciliation.

En juin, la Première Nation Kitasoo/Xai’xais a annoncé la création d’une nouvelle aire marine protégée à Gitdisdzu Lugyeks (baie Kitasu). Le conseiller en chef Doug Neasloss a qualifié cette annonce de « mesure importante et attendue depuis longtemps ». Il a affirmé que les Premières Nations « ne peuvent plus attendre que les autres gouvernements bougent » et doivent agir sur la base de leurs droits et titres ancestraux et de leur lien profond avec la terre.

C’est dans cet esprit de contestation constructive que les scientifiques et les citoyens demandent aux gouvernements provinciaux et territoriaux de s’engager à protéger la nature et de travailler ensemble à la protection de 30 % des terres et des eaux du Canada d’ici 2030.

La nature est en crise. L’humanité est en crise. Pour assurer la pérennité de la nature et des êtres humains, nous devons nous mettre au travail pour protéger davantage de milieux terrestres et aquatiques au Canada. Dès maintenant. Nous ne pouvons plus attendre.


Sandra Schwartz est la directrice générale nationale de la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP Canada).