Parcs Canada s’éloigne de son mandat de conservation de la nature dans nos parcs nationaux : La SNAP


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OTTAWA – Dans son plus récent rapport annuel publié avant la Journée des parcs du Canada, la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) demande à Parcs Canada de se recentrer sur son obligation juridique de placer la protection de la nature au cœur des priorités de la gestion de nos parcs nationaux et de cesser immédiatement les projets de développement dans les parcs nationaux Banff et Jasper.

Depuis les dernières années, la SNAP observe un changement considérable dans la façon dont Parcs Canada gère nos parcs nationaux. En fait, l’agence s’éloigne de son mandat prioritaire – soit la conservation de la nature – pour mettre davantage l’accent sur les initiatives touristiques et commerciales, l’augmentation de la fréquentation et la génération de revenus. Cette réorientation des priorités n’a pas été sans conséquences néfastes, comme en témoignent les approbations à huis clos de certains projets de développement, et ce, sans égard pour l’opinion publique ou leurs impacts sur l’intégrité écologique des parcs, et les décisions financières qui ont mis à mal les capacités de l’agence sur les plans scientifique et de la conservation.

« Les parcs nationaux sont censés être la norme d’excellence en matière de conservation au Canada », fait valoir Alison Woodley, directrice nationale du Programme des parcs de la SNAP. « Si Parcs Canada s’éloigne de son mandat de conservation, où notre faune et nos milieux naturels seront-ils en sécurité? »

La SNAP accueille favorablement les engagements pris par le nouveau gouvernement fédéral pour ce qui est de limiter le développement dans nos parcs nationaux, de recentrer l’orientation sur la protection de leur intégrité écologique, de réinvestir dans la gestion fondée sur la science et de rétablir un processus décisionnel ouvert et transparent. Jusqu’à maintenant, le gouvernement a pris deux décisions importantes qui vont dans le sens de ses engagements : l’annulation du projet de construction de la statue géante mère Canada dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton et le renforcement de la législation associée sur le parc national urbain de la Rouge afin que la protection de l’intégrité écologique en soit la priorité absolue. Toutefois, comme le fait remarquer le présent rapport, l’approche de gestion des parcs mise en œuvre par Parcs Canada comporte divers problèmes systémiques, lesquels le gouvernement doit régler pour pouvoir être en mesure de respecter entièrement ses engagements. Il pourrait par exemple :

1) Limiter le développement : Parmi les projets de développement approuvés récemment, notons l’important agrandissement de la station de ski du lac Louise, à Banff, à l’intérieur d’aires sauvages protégées juridiquement, le projet de construction d’hébergements commerciaux au lac Maligne, au parc national Jasper, lequel n’est pas en conformité avec le plan de gestion de ce dernier, et l’aménagement d’une piste cyclable pavée au cœur de l’habitat essentiel du caribou et du grizzly. Ce dernier projet n’a fait l’objet d’aucun débat public ou d’examen environnemental, mais il est tout de même apparu mystérieusement dans le budget fédéral de 2016, qui lui consacrera 66 millions de dollars.

2) Recentrer les efforts sur l’intégrité écologique et rétablir le financement de la science : Selon le dernier rapport sur l’état de nos parcs nationaux publié par Parcs Canada, moins de la moitié des écosystèmes des parcs nationaux ayant fait l’objet de l’examen sont en « bonne condition », plus du tiers des écosystèmes évalués présentent une santé précaire, et 41 % des écosystèmes des parcs n’ont pas encore été étudiés. Il est donc clair qu’il faut intensifier les efforts de conservation, pas les relâcher. Pourtant, au cours des cinq dernières années, le nombre d’employés de Parcs Canada dédiés à la conservation a diminué de plus de 30 %, alors que les effectifs du programme d’expérience du visiteur ont augmenté de 9 % pendant la même période. Le rapport révèle également que la production de rapports publics sur « l’état des parcs » n’existe pratiquement plus et que les examens des plans de gestions des parcs sont moins fréquents.

3) Favoriser un processus décisionnel ouvert et transparent : Les consultations publiques sur les projets de développement à l’intérieur des parcs nationaux sont devenues des processus plutôt courts et limités sur le plan géographique qui font carrément fi des opinions du public. Les tables rondes sur la performance de Parcs Canada, qui doivent avoir lieu tous les deux ans selon la loi, ne fonctionnement plus comme des mécanismes de responsabilité à l’égard du public; elles portent plutôt sur la façon d'accroître la fréquentation des parcs et s’attardent peu à la performance de l’Agence au regard de son mandat principal de conservation.

« Nous avons formulé 17 recommandations à l’intention du ministère de l’Environnement et du Changement climatique, des recommandations qui, selon nous, permettront à Parcs Canada de remettre la protection de la nature au premier rang des priorités des parcs nationaux », explique  Alison Woodley. « Nous espérons que le nouveau gouvernement arrêtera sans tarder les projets de développement à Banff et à Jasper et permettra à Parcs Canada de récupérer sa culture d’organisation de conservation de la nature fondée sur la science qui agit dans l’intérêt du public à long terme. Pour assurer l’avenir de la faune et des milieux naturels de nos parcs nationaux, il est essentiel de placer la nature au premier plan des priorités des pratiques de gestion. »

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Pour des entrevues, veuillez communiquer avec : Karen Turner (613) 569-7226 p. 232

Médias

La Presse - Protection de la nature: un groupe rappelle Parcs Canada à l'ordre

TVA Nouvelles - Parcs Canada s’éloignerait de sa mission première

Ici Radio Canada - Un rapport critique sévèrement la gestion de Parcs Canada