Le Canada est à la traîne dans la protection du territoire,  mais des progrès sont à portée de main

  • Date de publication: 07 19 2017 |
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Dans son plus récent rapport sur l’état des aires protégées, la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) déplore le fait que le Canada arrive dernier parmi les pays du G7 dans la protection de ses terres et eaux intérieures. Dans son rapport 2017, De retardataire à chef de file ? L’intérêt renouvelé du Canada pour la protection de la nature pourrait donner des résultats, la SNAP encourage les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux à déployer davantage d’efforts afin de protéger et conserver le patrimoine naturel du Canada et ainsi respecter notre engagement international. 

Avec à peine 10,6 % de son territoire actuellement protégé, le Canada se situe en-dessous de la moyenne mondiale de 15 %, et accuse de surcroît un retard face à d’autres grands pays tels que la Chine, le Brésil et l’Australie. En 2010, dans un effort mondial visant à contrer l’appauvrissement de la biodiversité, le Canada s’est engagé dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique à protéger au moins 17 % des terres et des eaux intérieures d’ici 2020, et à améliorer la qualité de ses réseaux d’aires protégées afin de mieux conserver la nature.

Le rapport souligne que les gouvernements canadiens commencent tout juste à accorder une importance à cet engagement, après des années d’inaction. En février 2017, les ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux responsables des parcs et des aires protégées ont rendu publique leur intention de travailler de concert afin d’atteindre cet objectif. Une nouvelle initiative, En route vers 2020, a été entamée, et un cercle d’experts autochtones ainsi qu’un groupe consultatif national ont été désignés pour conseiller les ministres dans ce dossier.

« À bien des égards, nous avons pris la nature pour acquise dans ce pays, mais il y a de l’espoir, déclare Éric Hébert-Daly, directeur général national de la SNAP. Alors que nous nous engageons dans cette nouvelle voie collaborative afin de protéger de plus grandes aires sur notre territoire, nous devons, en plus de viser les objectifs de 2020, tendre vers un but à plus long terme, celui de parvenir à instaurer un réseau d’aires protégées qui assurera une préservation efficace des espèces sauvages et de leur habitat naturel pour les générations futures. »

Le rapport met aussi l’accent sur la possibilité de protéger le territoire en développant des rapports de Nation à Nation ainsi qu’entre les Inuit et la Couronne, et également en vertu de partenariats impliquant les peuples autochtones et les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux. Du projet de réserve de parc national Thaidene Nene et des parcs territoriaux dans les Territoires du Nord-Ouest en passant par les déclarations sur les bassins versants du nord de l’Ontario, partout au pays, de nombreux exemples témoignent du fait que les peuples autochtones mènent les efforts afin de préserver les valeurs écologiques et culturelles.

« Il ne reste que trois ans avant d’atteindre notre objectif pour 2020, il faut que l’on s’attèle à la tâche dès aujourd’hui, ajoute Hébert-Daly. Dans le rapport, nous identifions des endroits au Canada où une quantité de travail importante a déjà été accomplie pour proposer des aires protégées. En agissant dès maintenant pour protéger ces aires de façon permanente tout en établissant un plan d’action pour assurer la conservation à long terme, nous pouvons passer de retardataire à chef de file. »   

Le Canada est le deuxième pays le plus vaste au monde et doit veiller à la préservation de 20 % des massifs forestiers sauvages de la planète, 24 % de ses zones humides et près du tiers des réserves de carbone stockées dans ses sols. Pourtant, en dépit de l’étendue imposante de nos aires sauvages, la santé de tous les écosystèmes canadiens se détériore et le nombre d’espèces menacées d’extinction ne cesse d’augmenter chaque année.

Les aires protégées sont essentielles à la conservation des espèces sauvages et de la nature en plus de fournir à tous les Canadiens et Canadiennes de l’air et de l’eau propres, de séquestrer le carbone et de jouer un rôle crucial dans l’amélioration de la santé et du bien-être. Elles sont en outre viables sur le plan économique. À l’échelle de la planète, par année les aires protégées génèrent 600 milliards de dollars US en dépenses directes, alors qu’il en coute moins de 10 milliards de dollars US pour les créer et les entretenir.

Depuis plus de 50 ans, la SNAP collabore avec tous les paliers de gouvernement et des partenaires nationaux dans le but de protéger plus de régions sauvages au Canada. En tant qu’unique organisme à but non lucratif dédié à la protection des terres et des eaux publiques, nous sommes dans une position exceptionnelle pour aider les gouvernements à déterminer les mesures de conservation nécessaires.

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Lire le rapport intégral.

Lire le résumé du rapport accompagné des recommandations. 

Pour les entrevues, contacter Karen Turner au (613) 569-7226 x 232.