La création de parcs ralentit en 2009
Un rapport de la SNAP le démontre en cette Journée des parcs
Ottawa –La Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP), dans son deuxième rapport annuel sur l’état des parcs au pays intitulé The Good, the Bad and the Ugly, signale que le rythme de création de nouveaux parcs a considérablement ralenti au cours des douze derniers mois comparativement à 2008, année qualifiée d’excellente.
Malgré ce ralentissement, quelques bons coups peuvent être nommés tels que la protection définitive de plus de 35 000 km2 qui renferment un parc national et des terres historiques dans les Territoires du Nord-Ouest, la fin de l’exploitation forestière dans tous les parcs provinciaux du Manitoba (à l’exception d’un seul) et la création de nouveaux parcs provinciaux en Colombie-Britannique, au Québec, en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick.
Malheureusement, le Canada a pris encore plus de retard qu’en 2008 quant à son engagement à établir un réseau d’aires marines protégées (AMP) d’ici 2012, engagement pris dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique : aucune nouvelle AMP a été annoncée depuis un an.
Et ce n’est pas tout : la SNAP signale également une stagnation quant au traitement des problèmes de plusieurs parcs où les activités industrielles et commerciales à l’intérieur ou près des limites de ces derniers menacent de nuire aux écosystèmes fragiles qu’ils sont sensés protéger.
LES BONNES NOUVELLES :
La création de plus de parcs et l’amélioration de la réglementation
Dans les Territoires du Nord-Ouest, les limites agrandies définitives de la réserve de parc national Nahanni se sont transformées en loi le mois dernier, et la taille du parc est désormais sept fois plus grande qu’avant : elle occupe un territoire de plus de 30 000 km2, ce qui en fait le troisième plus grand parc national du pays. Il est maintenant plus grand que les parcs de Banff et de Jasper réunis.
La SNAP tient aussi à souligner la décision du gouvernement manitobain de mettre un terme à l’exploitation forestière dans tous ses parcs provinciaux (à l’exception d’un seul) en novembre dernier. Cette annonce extrêmement importante a été accueillie avec optimisme par de nombreux organismes et citoyens dont le militantisme s’échelonne sur de longues années. Précisons que cette nouvelle réglementation s’appliquera à tous les futurs parcs de la province.
Plus tôt cette année, la Colombie-Britannique a créé de nouveaux parcs et réserves naturelles qui occupent une superficie de plus de 11 000 km2 dans la forêt pluviale Great Bear.
Finalement, la SNAP applaudit le travail constant de l’Ontario, qui vise à protéger plus de la moitié de la forêt boréale du Nord de la province – le projet de la Loi de 2009 sur le Grand Nord a été présenté en juin dernier –, de même que l’annonce du premier ministre du Québec, Jean Charest, à l’automne dernier où il s’engageait à protéger la moitié du territoire québécois situé au nord du 49e parallèle.
« Nous nous attendons à ce que les annonces historiques de l’Ontario et du Québec mènent à la création de nouveaux parcs et d’autres types d’aires de conservation », affirme Ellen Adelberg, porte-parole de la SNAP.
LES MAUVAISES NOUVELLES :
le manque de protection persistant des zones écologiques fragiles
Les écosystèmes fragiles de nombre d’endroits au pays ayant, notamment, été proposés depuis longtemps comme parcs potentiels souffrent encore d’une absence de protection juridique ou d’une désignation trop faible pour protéger leur intégrité écologique. Le milieu sauvage spectaculaire de la rivière Castle, situé au sud-est de l’Alberta, illustre bien ce problème : les loisirs motorisés font des ravages et des coupes forestières sont prévues pour cet hiver. « Nous incitons la province à créer un nouveau parc provincial dans cette région depuis des années, mais aucun progrès n’a été fait ni constaté », déplore Greg Belland, directeur général de la section du sud de l’Alberta de la SNAP.
Le parc de la Gatineau, situé dans la région de la capitale nationale, le sanctuaire faunique Chignecto de Nouvelle-Écosse et la région Okanagan-Sud et Similkameen, en Colombie-Britannique, sont des exemples de zones abritant des écosystèmes particuliers et qui sont menacés par la croissance de l’activité humaine sur ce territoire.
« Il y a des années que nous proposons ces régions naturelles extraordinaires comme candidates au statut de parcs et ainsi obtenir une protection adéquate. Elles sont situées à proximité de villes canadiennes, et si nous ne les protégeons pas davatange et mieux, ces trésors naturels seront volés à nos générations futures», ajoute Mme Adelberg.
LES DÉGÂTS :
l’augmentation du risque de dégradation causée par les activités humaines
La SNAP déplore également la stagnation depuis l’an dernier en ce qui concerne la restriction de l’exploitation forestière, qui est toujours permise sur près de 80 % de la superficie du parc Algonquin, en Ontario. Quant aux projets d’exploitation minière dans la vallée Flathead, en Colombie-Britannique, ils menacent toujours le Parc international Waterton - Glacier de la paix, situé tout près.
« Bien que près de 80 % de la population s’oppose à l’exploitation forestière dans les parcs provinciaux, cette pratique se poursuit dans le parc Algonquin, et les chemins forestiers à cet endroit feraient deux fois l’aller-retour en Floride s’ils s’étendaient en ligne droite », affirme Evan Ferrari, de la Wildlands League de la SNAP.
Au Québec, le parc du Mont-Orford attend toujours la réinsertion des 459 ha que la province lui a retirés en 2006, et le projet visant à doubler sa superficie n’a pas avancé d’un centimètre.
Le parc national de la Pointe-Pelée et celui de Fundy, bien qu’ils soient connus, perdent présentement des espèces sauvages indigènes à cause d’activités humaines sur des terres voisines. L’agrandissement de ces parcs – qui augmenterait les chances de survie de leurs écosystèmes – se fait toujours attendre.
Dans toutes les provinces et dans tous les territoires, la SNAP collabore avec d’autres organismes, les Premières Nations et les gouvernements pour créer davantage d’aires protégées qui conserveront notre extraordinaire patrimoine naturel.
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Pour obtenir une entrevue, veuillez contacter Ellen Adelberg au 613 569-7226 poste 234.
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