Des scientifiques demandent au Canada de protéger de façon stricte au moins 30 % de ses océans
Victoria, BC, le 16 mai 2011 – Un groupe de 14 éminents chercheurs en sciences marines demandent au Canada de protéger de façon stricte au moins 30 % de ses océans, par la création de réserves intégrales (no-take zones), qui conformément à de nouvelles orientations en matière d’aires marines protégées (AMP), en excluraient toutes activités industrielles.
Dans un rapport commandé par la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) qui sera rendu public aujourd’hui, lors du Congrès international sur la conservation marine à Victoria, les scientifiques soulignent les graves problèmes qui affectent plusieurs écosystèmes océaniques du Canada. Ils font valoir la nécessité que les gouvernements au Canada agissent de façon plus volontaire afin d’interdire la pêche ainsi que d’autres activités industrielles, telles que l’exploitation pétrolière et gazière, dans certaines zones jugées critiques au sein d’aires marines protégées.
Ce rapport indépendant offre, pour la première fois, un ensemble de recommandations scientifiques pour l’identification, la conception et la mise en œuvre d’aires marines protégées au Canada.
«Le Canada accuse un retard important par rapport à de nombreux autres pays occidentaux, tels que l’Australie et la Nouvelle-Zélande, en matière de protection de ses écosystèmes marins. Dans notre rapport, nous proposons des mesures concrètes que le Canada devrait prendre pour devenir un leader mondial de la conservation des océans», affirme Dr Philip Dearden, professeur et titulaire de la chaire de géographie de l’Université de Victoria.
Par cette analyse qui adapte au contexte canadien les meilleures pratiques mondiales en matière d’AMP, les scientifiques ont souhaité « remonter le niveau » des AMP au Canada.
«Nous craignons que la planification et la gestion des aires marines protégées au Canada n’intègrent pas correctement les principaux enseignements des sciences de la conservation. Par exemple, au Canada, on ne compte pratiquement aucune aire marine protégée où la pêche est totalement interdite» explique Dre Isabelle Côté, professeure d’écologie marine à l’Université Simon Fraser.
Pour tirer pleinement profit des AMP en termes de conservation de la biodiversité et de soutien à une pêche durable, les scientifiques rappellent certaines exigences qui devront être satisfaites comme:
* établir des réserves intégrales (no-take zones) représentant au moins 30 % de chaque biorégion marine canadienne afin de protéger les habitats essentiel de la faune marine;
* interdire toute activité industrielle, y compris l’exploration et l’extraction de ressources non renouvelables, le dragage, le déversement et les pratiques de pêche destructives, notamment le chalutage de fond;
* considérer que chaque aire marine protégée s’inscrit plus largement dans un réseau d’AMP intégré dans un système de gestion efficace et global des océans.
«Nous invitons les gouvernements au Canada à mettre en œuvre ces lignes directrices dans le cadre de leur engagement à créer un réseau national d’aires marines protégées. Il s’agit d’une étape fondamentale pour atteindre l’objectif de conserver toute la diversité biologique de nos océans et assurer, aux générations futures, une industrie de la pêche durable», explique Sabine Jessen, directrice nationale du programme des océans et des grands lacs d’eau douce de la SNAP.
La SNAP rencontrera des représentants fédéraux et provinciaux en charge des aires marines protégéesafin de discuter de la mise en application de ces lignes directrices.
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Pour consulter le sommaire du rapport, la biographie des auteurs et la version intégrale du rapport Lignes directrices scientifiques pour les APM et les réseaux d’APM au Canada, rendez-vous sur http://cpaws.org/news/mpa-guidelines
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Sources
Sabine Jessen (entretiens en anglais)
Directrice nationale du programme des océans et des grands lacs d’eau douce
Société pour la nature et les parcs du Canada, section de Colombie Britannique
604-657-2813 / sabine@cpawsbc.org
Jérôme Spaggiari (entretiens en français)
Coordinateur de la conservation
Société pour la nature et les parcs du Canada, section Québec
581-307-7627 / jspaggiari@snapqc.org




